Conférence internationale de « Publiez Ce Que Vous Payez » à Montréal

Conférence internationale de « Publiez Ce Que Vous Payez » à Montréal

Les compagnies minières tenues de rendre des comptes

Montréal a abrité une conférence internationale de la coalition « Publiez ce que vous payez » sur la transparence dans les activités minières et pétrolières. Des acteurs de la société civile, venus de 50 pays, ont débattu de la meilleure manière d'obliger les gouvernements à rendre des comptes sur les profits tirés de ces activités.
La communauté internationale s'intéresse de plus en plus à la transparence dans les industries d'extraction et dans les finances publiques. Cet intérêt est encore invisible en Afrique du Nord mais ce n'est pas le cas pour le reste du continent. Montréal a abrité, du 16 au 18 novembre 2009, une conférence internationale de « Publiez ce que vous payez » (Pcqvp), (Publish what you pay) (en anglais), une coalition de 350 ONG menant une campagne internationale pour la transparence et la redevabilité dans les industries gazière, pétrolière et minière. Organisée par Partenariat Afrique- Canada, Pcqvp Canada et Pcqvp International, la conférence a accueilli les délégués d'une cinquantaine de pays. Le monde arabe n'était représenté que par l'Algérie et le Yémen. Rien à voir avec le continent africain présent avec 25 pays. Radhika Sarin de Pcqvp International a, à l'ouverture de la conférence, plaidé pour un véritable mouvement de transparence mondiale. « Nous avons choisi de nous réunir au Canada car ce pays possède de grandes entreprises activant dans le secteur minier », a-t-elle précisé. A la bourse de Toronto, plus de 1000 entreprises minières sont enregistrées. Ces sociétés détiennent des intérêts dans plus de 8000 propriétés d'exploration et des projets miniers dans 100 pays, ce qui constitue 40% des activités d'exploration minière dans le monde. Malgré cela, « Publiez ce que vous payez » n'a été lancé au Canada qu'en 2008 après des pressions d'ONG. Un rapport parlementaire a contraint le gouvernement d'Ottawa de mettre un plan sur la « Responsabilité sociale des entreprises » (RSE). Ceci implique les firmes qui activent autant à l'étranger que dans les provinces canadiennes où cohabitent 633 communautés autochtones, appelées « premières nations ».

Glenn Nolan de la communauté des Missanabie Cree, qui vit autour des lacs Missinaibi, Dog et Wabatongushi, a, après une prière dite en sa langue natale, précisé qu'il y a 40 ans, les habitants autochtones étaient complètement mis à l'écart dans l'exploitation des richesses naturelles de leurs régions. « Mais depuis le début des années 1990, les communautés sont impliquées dans toute décision relative aux industries d'extraction. On leur demande leur autorisation avant l'utilisation des terres », a indiqué Glenn Nolan. Les communautés se sont regroupées dans plusieurs ONG dont la Boreal prospectors association pour défendre leurs intérêts. Paul Wilkinson, de la New Millenium Capital, a passé plus de 30 ans à négocier avec les « premières nations » pour permettre à son entreprise d'exploiter des mines au Grand Nord canadien autour de Schefferville. Selon lui, ces « nations » profitent à 20% de tous les projets engagés par l'entreprise. Il a cité l'exemple des Naskapis qui vivent dans la région du Labrador. « Nous avons engagé des programmes de formation et d'aide sociale en faveur de ces communautés », a-t-il relevé. Les Naskapis ont exigé à ce que les activités de la Millenium ne gênent pas la vie naturelle du caribou. Cependant, le respect de l'environnement n'est pas « le fort » de certaines entreprises canadiennes. Matilda Koma, directrice du Centre pour les recherches environnementales de Papouasie Nouvelle-Guinée, a accusé ouvertement la firme canadienne Placer Dome, qui exploite la mine d'or de Porgera, d'avoir pollué les rivières. Selon elle, plus de 18.000 tonnes de déchets ont été jetés dans les cours d'eau de l'île. « La population locale ne tire profit qu'à 2,5% de l'exploitation de ces mines. Les entreprises canadiennes appliquent d'autres normes à l'étranger. Elles devraient avoir honte », a lancé Matilda Koma. Elle a exprimé des craintes sur l'éventuelle pollution du Pacifique par une plateforme pétrolière. Carlos Rojas-Arbulu, responsable du RSE au ministère canadien des Affaires étrangères et du Commerce, a expliqué que les firmes canadiennes sont tenues de respecter les pratiques exemplaires, défendues par les directives de l'Organisation de coopération et du développement économique (OCDE), adressées aux multinationales. Selon lui, les firmes sont obligées de dialoguer avec les populations locales avant de lancer des projets d'exploitation minière ou pétrolière. Modérant le débat, Alex Neve, de Amnesty international Canada, a appelé à l'élaboration d'une loi pour mettre en avant les droits des mineurs dans les activités minières. Les droits humains, selon Jean Claude Katende de la coalition de Pcqvp de la République démocratique du Congo (RDC), ne sont pas respectés par les sociétés minières qui activent au Katanga, une province qui fait dix fois la superficie de la Suisse. Le Katanga est riche en cobalt, en cuivre, en uranium et en diamant. « Les entreprises minières canadiennes ont déplacé les populations du Katanga sans aucune compensation et ont licencié des ouvriers en violation de toutes les législations. Nous avons été déçus par « Point de contact Canada » qui n'a rien pu faire », a expliqué Jean Claude Katende. Selon Carlos Rojas-Arbulu, les représentations diplomatiques canadiennes doivent rendre des comptes sur tout versement illégal de pots-de-vin par des firmes canadiennes à l'étranger. Le dernier classement de Transparency international, sur l'indice de perception de la corruption, a classé le Canada à la 8e position mondiale. Place partagée avec l'Islande. Ousmane Dème de Pcqvp Canada a estimé nécessaire une meilleure coordination entre les différents acteurs de la société civile, des agences gouvernementales et des opérateurs économiques privés pour lutter contre toute forme d'opacité dans les industries d'extraction. « Les citoyens ont le droit de savoir », a lancé Alexandre Trudeau, membre de Partenariat Afrique-Canada qui a réalisé plusieurs documentaires en Irak, en ex-Yougoslavie et au Libéria. Les participants à la conférence de Montréal ont débattu un projet de charte sur les ressources naturelles et sur l'Initiative sur la transparence des industries extractives (ITIE). Nous y reviendrons. A noter enfin, que « Publiez ce que vous payez » a été lancée la première fois en 2002 par le financier américain George Soros, président de l'Open Society Institute et par des ONG basées en Grande Bretagne.

Montréal (Canada). De notre envoyé spécial
Par Fayçal Métaoui
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# Posté le mardi 24 novembre 2009 06:33

Pertinente analyse de Ali Harb sur la modernité dans le monde arabe

Pertinente analyse de Ali Harb sur la modernité dans le monde arabe
Ali Harb (Philosophe libanais) :
« La panne est dans les idées »


Pourquoi les modernistes arabes sont-ils en panne d'idées ?

Les modernistes parlent de la crise de la modernité dans le monde arabe. Ils reprochent toujours aux autres d'en être la cause. La crise de la modernité se situe dans la pensée et la vision des modernistes eux-mêmes. La société arabe se modernise par elle-même dans tous les secteurs : entreprises, banques, bâtiments, télévision, presse... sans théorie. Ceux qui ont perdu le pari sont les gens de la modernisation. Ils ont échoué parce qu'ils se sont comportés avec la modernité comme s'il s'agissait d'une religion. Ils l'ont sacralisée comme les traditionalistes l'ont fait pour le Texte. C'est la principale faillite. Ils ont transformé les concepts de démocratie, de rationalité et de liberté en une religion moderne et nouvelle. Les modernistes autant que les traditionalistes ont échoué. Les deux puisent leurs ressources dans une pensée unique, sélective, fermée, absolue et agressive. Le bilan est là : les modernistes sont à la marge.

Mais est-ce à dire que le fondamentalisme a réussi ?

Non. Le fondamentalisme est venu pour se venger des acquis de la modernité. Il a failli abattre ces quelques acquis modernes des sociétés arabes. Pour moi, en tant que philosophe, la panne est dans les concepts, dans les idées, dans les théories. Il est important de revoir la manière de traiter avec la modernité. Cela doit se faire avec un esprit ouvert, un esprit synthétique, avec une logique créative. La devise idéologique utilisée autant par les modernistes que par les fondamentalistes a fait d'eux des dinosaures conceptuels et des dragons terroristes. Les deux groupes donnent priorité au Texte, à la fetwa, à la chariaâ, au zaïm, au guide au détriment de l'Etat, des lois, de l'intérêt public et de la vie commune. Pour moi, c'est le mal supérieur. Mal qui détruit les sociétés arabes. Le zaïm passe avant l'intérêt public. L'imam passe avant l'intérêt national. Le hidjab passe avant l'Etat et la République...

Quelle est l'importance de l'½il critique dans la société ?

L'intérêt public doit être prioritaire. Même s'il se sent sacré, un homme ne peut pas passer avant cela. Nous sommes inférieurs à notre relation avec la vertu, la vérité, la liberté et la justice. Tant qu'il n'existe pas d'institutions qui contrôlent et surveillent ce que font les puissants, l'homme aura tendance à sortir des sentiers. En Occident, l'½il critique résiste. Regardez ce qui s'est passé en France avec l'affaire du fils du président Sarkozy. S'il n'y avait pas cette résistance, il aurait placé son fils là où il voulait. Dans le soufisme, il y a plaidoyer pour le contrôle et la remise en cause. La critique du soufisme dans la pensée islamique est plus moderne mais plus dramatique aussi. Ibn Arabi dit que « l'illusion est maître de l'esprit ». Cela veut dire que l'esprit n'est pas à la base mais l'illusion. Comment peut-on expliquer l'actuelle crise économique mondiale ? Et comment une crise éclate alors qu'il y a des millions de cerveaux qui réfléchissent et qui planifient et des ordinateurs qui travaillent sur tout ? Le moderniste qui démarre d'une logique religieuse ne peut pas développer la critique. Dans la réflexion de Nietsche, il y a le slogan de l'être supérieur. J'ai critiqué cette théorie parce que ce slogan a détruit Niestche et l'a mené droit vers la folie. L'homme n'est pas supérieur, surtout les intellectuels. Un conducteur qui respecte le code de la route a plus de considération qu'un charlatan à la télévision...

Et quelle appréciation faites-vous de ce Salon du livre ?

C'est la deuxième fois que je viens en Algérie. Ce Salon est un espace d'échanges et un lieu de rencontres entre tous ceux qui participent à la confection des livres, auteurs, éditeurs et lecteurs. Le ministère de la Culture a toujours un rôle à jouer. Dans le monde arabe, les Salons du livre ont pris une dimension internationale. Les statistiques de cette organisations relèvent que le niveau de lecture est faible dans les pays arabes. Je commence à douter de ces chiffres. L'affluence du public arabe dans les Salons et foires du livre est toujours aussi grande. Il y a des lecteurs et et il y a des producteurs dans les domaines de la littérature et de la poésie. Des auteurs arabes ont dépassé les frontières de leur région et sont connus à travers le monde. Je ne dis pas que nous avons atteint le niveau de certains pays comme le Japon ou la France, mais, il faut revoir les statistiques.


Par Fayçal Métaoui
Publié par El Watan du 2 novembre 2009
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# Posté le dimanche 01 novembre 2009 13:46

"Les figues de Barbarie", dernier roman de Rachid Boudjedra

"Les figues de Barbarie", dernier roman de Rachid Boudjedra
Salon international du livre d'Alger :
Les figues de Barbarie ou le complexe durable de culpabilité

Du smen et du miel ». Le propos est de Khalida Toumi sur le dernier roman de Rachid Boudjedra, Les figues de Barbarie, présenté vendredi au Salon international du livre d'Alger (SILA), qui se tient jusqu'au 6 novembre à l'esplanade du complexe sportif du 5 Juillet. La ministre de la Culture est tellement émerveillée par le texte de l'écrivain algérien qu'elle en a lu des extraits, expliqué parfois le sens et couvert de gentils mots l'auteur de Fascination. Khalida Toumi, qui s'est dit non spécialiste de littérature, a eu le privilège de lire le manuscrit en deux nuits. Les figues de Barbarie paraîtra en mars 2010 en France, édité par Grasset. Pour l'Algérie, les éditions Barzakh sont pressenties pour publier le roman. Les négociations sont en bonne voie. L'histoire se passe en quarante minutes dans l'avion qui relie Alger à Constantine sur dix chapitres. Monologues et dialogue se relayent. Omar rencontre son cousin, le narrateur, et ils discutent d'un passé lourd. « Omar est, à lui seul, tout un programme. Omar est en fait toute l'Algérie. C'est le cousin qui est à la fois grand architecte, intellectuel et ancien combattant. Il a pris le maquis en 1958 un an avant le narrateur. La vie de Omar n'est pas tout blanc tout noir. C'est aussi compliqué que votre vie ou que la mienne », a expliqué Khalida Toumi. Si Mustapha, homme riche de Batna, initie Omar et son cousin au nationalisme. Mais, il y a aussi Salim, « jeune frère insouciant », qui a de la sympathie pour l'OAS. « Je reviens sur le complexe de culpabilité qu'ont certains Algériens soit de n'avoir pas fait la guerre, soit de l'avoir faite du côté des Français, soit de s'être cachés. L'histoire est vraie, celle d'un cousin du côté maternel qui est parti au maquis. Mon père m'a empêché de le rejoindre parce qu'il voulait que j'obtienne mon bac », a relevé Rachid Boudjedra qui dit avoir vécu au maquis « des choses absolument effrayantes, honteuses ».
Selon Khalida Toumi, le roman de Rachid Boudjedra montre que la Révolution algérienne était plus grande que les clans, que les régions et que les nationalités. « Rachid Boudjedra nous explique aussi que le but du roman n'est pas d'enregistrer comme dans un documentaire ce qu'il y a, mais de reconstruire ce qu'il y a en le dépassant et en le transcendant. On comprend mieux », a-t-elle soutenu. « Il ne s'agit pas de raconter des histoires, tout le monde peut le faire. Dans les bars et les cafés maures, il y a des histoires magnifiques. La question est comment les raconter ? Tout est là », a enchaîné l'auteur de La Pluie. La répétition pour lui n'est pas un chant funèbre mais de l'art. Mieux : il la revendique. « Mes personnages, mes objets et mes animaux sont dans tous les romans. Je reprends les mêmes fantasmes.Je dis aux jeunes : le fantasme est fondamental. Il ne faut jamais avoir honte de son fantasme, sinon on devient émasculé », a-t-il soutenu.

Il a cité l'exemple du peintre espagnol Picasso, du cinéaste suédois Ingmar Bergman et de l'écrivain colombien Gabriel García Márquez qui se répétaient dans leurs travaux. Se disant khaldounien dans sa démarche, le romancier a affirmé qu'il était fasciné par la relation entre la grande histoire et la petite histoire intime. « C'est l'Algérie qui est complexe, ce n'est pas moi. Dans la mesure où l'histoire algérienne est terrible. Et elle continue à l'être », a-t-il dit. Khalida Toumi a évoqué, en lisant des extraits du roman avant d'être relayée par l'acteur Sid Ahmed Agoumi, les tortures d'Octobre 1988. Le personnage de Ali, émasculé après les émeutes de cette année-là, symbolique fut la torture dans un pays où les comportements dégradants dans les centres de détention n'ont jamais cessé depuis. L'auteur de La Vie à l'endroit a estimé qu'il voulait rendre hommage aux jeunes d'octobre vingt ans après. Et, il a rappelé qu'il est revenu, dans son roman Démantèlement, sur la guerre de Libération nationale et sur le traitement réservé aux communistes algériens, 25 ans après l'indépendance. « Il y a un éclairage toujours différent », a-t-il dit. Loin des lumières de la salle El Qods du Sila, qui a abrité la présentation du roman de Rachid Boudjdra, au stand des éditions Dalimen, le jeune poète, Teric Boucebci, présentait à la vente-dédicace son premier recueil Ayesha. Le ton y est romantique et fruité : « Après l'orage, le fruit sec s'est gorgé de vie. Les grains nus deviennent des promesses. » C'est un long poème qui évoque la construction intérieure de la personne. « Il commence par une citation de Rûmi : ''La rose est un jardin où se cachent les arbres''. Cela donne une idée sur ce que l'on peut rechercher à travers soi et toutes les rencontres qu'on peut faire. Je pose la question de savoir où je vais ? », nous a déclaré Teric Boucebci qui se définit comme « un poète méditerranéen ». Il publie régulièrement des textes dans des revues aux Etats-Unis, en Belgique, au Canada et ailleurs. « La société algérienne est une société de poètes. L'Ahellil au Sud en est l'exemple. Une jeune fille de 11 ans est venue acheter mon recueil et m'a dit qu'elle écrit de la poésie. Aujourd'hui, les éditeurs prennent le risque de publier de la poésie. C'est encourageant », a ajouté Teric Boucebci. A un pas de lui, Hicham Baba Ahmed (HIC), dédicace son dernier ouvrage Nage dans ta mer, paru dans la même édition. Le HIC nous a parlé avec passion de la nouvelle revue mensuelle El Bendir consacrée à la bande dessinée et qui est cédée à 200 da. Elle est animée à 80% par des dessinateurs, tels que Slim, Aïder et des jeunes, ainsi que par des journalistes à l'image de Rachid Allik, Chawki Amari, SAS, Luc Chaulet. Dans El Bendir, Haroun a ressuscité Mkidèche. « Le numéro zéro est lancé. Le numéro un va paraître à la mi-novembre. Pour ne pas trop tergiverser sur la ligne éditoriale, on dit que ce qui importe le plus est l'humour. Il ne faut pas faire l'amalgame car ce n'est pas une revue de dessins de presse. C'est une revue de BD qui n'est pas tributaire de l'actualité », a expliqué le HIC. Mais pourquoi El Bendir ? « Faire du bruit pour rien... », a-t-il répondu.


Par Fayçal Métaoui
Publié par El Watan du 1 novembre 2009
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# Posté le dimanche 01 novembre 2009 13:42

On a rien ecrit sur l'Histoire algérienne

On a rien ecrit sur l'Histoire algérienne
Chape de plomb politique et défaillance de l'école
L'histoire reste à écrire

Tout n'a pas été dit sur l'histoire de la guerre de Libération nationale. » Cet avis est partagé par plusieurs éditeurs, auteurs, sociologues, romanciers et universitaires rencontrés hier au Salon international du livre d'Alger (SILA), qui se tient sous le chapiteau blanc au niveau de l'esplanade du complexe sportif. Messaoud Djennas, qui vient de publier chez Casbah édition L'Algérie, résistance et épopée, estime que tout est à écrire sur l'histoire du pays. « L'histoire a été négligée dans le système éducatif. L'histoire est mal enseignée. Il appartient maintenant à tous ceux qui peuvent témoigner de le faire. Cela ne concerne pas seulement les historiens. Les gens de ma génération ont vécu beaucoup d'événements importants qui ne sont pas toujours rapportés », a-t-il souligné. Selon lui, on n'a pas assez écrit objectivement sur le début de la guerre de Libération nationale, le 1er Novembre 1954 et les événements qui avaient précédé cette date. « Le 1er Novembre n'est pas tombé du ciel. Il y a eu toute une préparation. Le combat politique de l'Emir Khaled a préparé cette date. Nous sommes encore victimes d'une tradition ancestrale de l'oralité. Il faut ajouter que pendant plusieurs décennies, on a permis politiquement une expression libre sur les faits historiques », a ajouté Messaoud Djennas. Le sociologue Nacer Djabi est du même avis : « Ce qui a été écrit est peu comparé avec ce qui devait être écrit. Dans ce peu, il y a l'écriture officielle de l'histoire qui n'a rien apporté de nouveau. Il y a également les mémoires et témoignages publiés depuis octobre 1988 », a-t-il souligné. Pour lui, l'histoire a été transformée en idéologie par les pouvoirs successifs. « Nous n'avons pas écrit grand-chose par rapport aux Français qui nous dépassent de loin en volume et en qualité. Ils ont raconté l'histoire de la guerre à leur manière », a-t-il relevé. Yasmine Belkacem-Allik des éditions Chihab a observé, pour sa part, que les témoignages sont insuffisants. « Les personnalités qui ont été des acteurs majeurs et qui sont encore vivantes n'ont pas toutes estimé nécessaire ou utile de raconter l'histoire de leur point de vue », a-t-elle noté. Chihab a une collection histoire. Il a acheté les droits de plusieurs ouvrages des historiens français Benjamin Stora et Jean-Charles Jauffret et vient d'éditer deux précieux témoignages : Parcours d'un militant de Mohamed Mechati et Afin que nul n'oublie de Mahmoud Mostefaoui. Mahmoud Mostefaoui est militant de la Wilaya IV historique, alors que Mohamed Mechati, 89 ans, est l'un des derniers survivants du groupe des 22, qui a déclenché la guerre de Libération nationale. « Ces deux hommes sont arrivés à un moment où ils ont estimé qu'il était nécessaire de raconter ce qu'ils ont vécu », a remarqué Yasmine Belkacem-Allik. « On n'écrit jamais assez sur l'histoire. Un pays se construit sur sa mémoire. Nous avons besoin de tous les livres sur l'histoire algérienne. Cela va de la recherche académique des spécialistes jusqu'aux mémoires du plus petit combattant, celui qui a vu, assisté à une seule scène, aidé et ou participé d'une certaine manière à la guerre de Libération », a soutenu Sofiane Hadjadj, des éditions Barzakh. Selon lui, on ne mesure pas à quel point la mémoire est le fruit de tous les témoignages. « Il faut constituer un corpus sans se demander quel est le point de vue qui est donné, est-ce que c'est légitime ou pas, subjectif ou pas. Tout est à faire », a-t-il appuyé. Citant les cas des Etats-Unis et de l'Allemagne, il a relevé que la production d'ouvrages sur l'histoire de ces deux pays se mesure en dizaines de milliers.

Le droit à plus de livres d'histoire

Autant sur la naissance de la nation américaine que sur les traumatismes de la Seconde Guerre mondiale. « L'histoire d'une nation se construit par l'écrit. Le drame est que beaucoup de témoins sont morts sans livrer leurs écrits. Certains disent qu'ils n'ont rien vu, d'autres disent que cela ne sert à rien. On leur dit que c'est vital pour les jeunes générations de recueillir leurs paroles », a estimé Sofiane Hadjadj. Selon lui, la génération qui a ½uvré à l'indépendance de l'Algérie a un rapport sur l'écrit trop lié à la culture du secret. « On sait le rôle qu'a eu le MALG dans cette histoire. J'ai eu à rencontrer beaucoup d'anciens officiers qui, cinquante ans après, ont toujours cette culture. Ils pensent que s'ils disent tout ce qu'ils ont vu, cela sera politiquement incorrect. Or, je leur dit, même si vous témoignez de ce qui est politiquement correct, il faut le faire », a-t-il affirmé. Barzakh a publié plusieurs ouvrages comme celui de Mohamed Harbi 1954, la guerre commence en Algérie et les mémoires de Hocine Aït Ahmed. En 2010, cette maison d'édition va publier un ouvrage de Djamila Amrane sur les moudjahidate pendant la guerre. « Il s'agit d'une thèse de doctorat publiée en France. Mais nous allons éditer un ouvrage complet de 700 pages qui récapitule tout l'engagement des femmes algériennes dans la révolution. On espère venir à bout également des mémoires de Claudine et Pierre Chaulet. L'engagement des Chaulet pendant la guerre de Libération est connu », a expliqué Sofiane Hadjadj. Karim Chikh, des éditions APIC, a relevé que tout n'a pas encore été dit ou écrit sur la Révolution algérienne. « Pour vraiment “en finir” avec l'histoire algérienne, je pense qu'il faut au moins un siècle d'écriture. D'abord par rapport à la Révolution algérienne, il faut profiter de certains acteurs encore en vie. Cela devient une urgence. Il y a la grande guerre véhiculée par l'Etat mais il y a aussi la “petite” guerre, celle du vécu de chaque individu, de chaque Algérien. C'est la petite histoire de cette révolution qui n'est pas encore racontée », a estimé Karim Chikh.

Il faut, selon lui, aller dans les détails de cette révolution. Radia Abed des éditions Sedia a revendiqué « fortement » le droit d'avoir plus de livres d'histoire surtout qu'il existe des maisons d'édition spécialisées en cela. Sédia, qui représente le groupe français Hachette en Algérie, n'édite pas de livres d'histoire par choix. « Lorsque nous avons décidé de nous ouvrir sur les manuels scolaires, on a été autorisé à faire tout sauf l'histoire, l'éducation islamique et l'éducation civique. La chose est réglée depuis longtemps », a précisé Radia Abed. Mustapha Madi a tenu à indiquer que les éditions Casbah ne sont pas spécialisées en écrits historiques. « C'est un hasard qui a fait qu'on s'intéresse aux écrits sur l'histoire. Le catalogue de notre édition est ouvert à tous les genres. La conjoncture, après la petite ouverture démocratique de 1988, a fait que les acteurs de la guerre de Libération ont commencé à écrire des mémoires. Avant, ce n'était pas possible », a-t-il souligné. Il a rappelé que l'Algérie en guerre, de Mohamed Teguia, avait été censuré en 1978. Selon lui, l'écriture des mémoires est devenue un phénomène. « Les livres d'histoire sont fort demandés par le public. Mieux que les autres genres. Ce que je ne comprends pas, pourquoi les mémoires écrites en français se vendent mieux que celles rédigées en arabe. Harbi traduit en arabe n'a pas un grand succès », a-t-il ajouté. Ali Bey de la librairie du Tiers-Monde a confirmé les propos de Mustapha Madi. « Après le parascolaire, les livres d'histoire et ceux de la littérature politique sont ceux qui se vendent le mieux », a-t-il attesté, soulignant que les mémoires du général Khaled Nezzar et d'Ahmed Taleb Ibrahimi se sont bien vendus. Autant que le dernier livre de Hamou Amirouche sur l'Akfadou. Selon Mustapha Madi, il reste beaucoup à écrire sur la Fédération de France du FLN, sur les trésors du FLN, sur le patrimoine du FLN en France et sur l'affaire Melouza. Radia Abed se dit contente que le dernier roman de Anouar Benmalek, le Rapt, paru chez Sédia, relate des faits qui n'ont pas été rapportés auparavant. « Il manque beaucoup de choses sur la guerre de Libération. Il manque beaucoup de vérité. D'où l'intérêt d'un livre comme le Rapt. J'espère qu'il y en aura d'autres. Seulement, il faut laisser les gens s'exprimer et dire les choses », a-t-elle confirmé. Pour le romancier Amin Zaoui, on a écrit que sur la forme de l'histoire du pays. « L'histoire psychologique, celle des symboles, de la violence vue par un homme de lettres n'a pas encore été écrite. Les Algériens n'ont pas encore lu un beau texte sur cela », a-t-il observé. Nacer Djabi a appelé à améliorer la relation entre les jeunes et l'histoire. « Pour atteindre ce but et réhabiliter l'histoire, il faut diversifier les supports, livres, BD, cinéma, théâtre... », a-t-il suggéré. Yasmine Belkacem-Allik a regretté l'absence de travaux sur l'Algérie ces dernières années. « Si l'on veut savoir ce qui s'est passé en 1965, en 1988 et en 1992, on ne trouve rien. L'histoire immédiate n'est pas écrite », a-t-elle constaté. « Il manque des révélations dans les livres d'histoire », a conclu Abdallah Benadouda des éditions Socrate


Par Fayçal Métaoui
Publié par El Watan du 1 novembre 2009
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# Posté le dimanche 01 novembre 2009 13:36

BBC Arabic veut plus de facilités en Algérie

BBC Arabic veut plus de facilités en Algérie
HOSAM EL SOKKARI, DIRECTEUR GENERAL DE BBC ARABIC
“Nous voulons plus de facilités en Algérie”

Hosam El Sokkari est directeur général de BBC Arabic (télévision, radio et site internet). Ancien journaliste dans la chaîne Qatarie Al Jazeera, il a rejoint l'équipe de la BBC en 1999. Il s'est occupé du site internet (bbcarabic.com) pour en faire l'un des plus visibles dans le monde arabe. Le site revendique aujourd'hui 21 millions de visiteurs par moi. Hossam El Sokkari a commencé sa carrière en tant que caricaturiste. Il a travaillé en Finlande et en Allemagne. Il a longtemps collaboré avec la radio allemande Deutsche Welle à Berlin. Il a écrit des chroniques sur les sciences et sur le journalisme électroniques pour les quotidiens égyptien et libanais, Al Ahram et El Asaharq Al Awsat. Il est diplômé de la prestigieuse London School of Economics.

Propos recueillis par
Fayçal Métaoui


Une année et demie après son lancement, quel bilan faites vous de la présence de BBC arabic dans les écrans au Moyen-Orient et au Maghreb ?

BBC Arabic a fait une véritable saut qualitatif dans le travail médiatique. Ce n'est pas uniquement une chaîne de télévision mais un ensemble mutimédias qui présente les informations à travers l'écran, les ondes radio et le site bbcarabic.com. Difficile de trouver un autre média qui propose ce type de contenu sous une forme intégrée avec un niveau professionnel que le monde arabe connaît depuis Radio Londres dans les années 1930. Les moments difficiles qu'a connu le monde arabe depuis le lancement de BBC Arabic témoignent du professionnalisme des personnels de la chaîne. Ceux-ci ont prouvé qu'ils étaient à la hauteur du défi en présentant un couverture médiatique éloignée de tout alignement à un régime ou un autre et de tout exploitation des sentiments du public avec la mise en avant de slogans enflammés qui font fondre le sujet, ses détails et ses sens. L'échec ou la réussite ne peuvent être évalués que par nos publics. Pour ce qu'est de ce que nous voulions réaliser, je crois que nous avons beaucoup avancé. Notre volonté est que la chaîne soit destiné au public et que ce public joue un rôle dans le choix des sujets qu'on couvre. A titre d'exemple, “Noqtat hiwar” (point de dialogue) est le seul programme dans le monde arabe qui permet au téléspectateur de suggérer des sujets à débattre. Un espace de libre expression qui permet au téléspectateur d'échanger des points de vue, pas des insultes. BBC Arabic est intégrée à BBC radio et au site web. Nous offrons également des services sur le mobile comme des résumés vidéo des journaux. Nous voulions que ce service complète la télévision traditionnelle que connaît le monde arabe depuis 70 ans. Les échos que nous avons prouvent que nous avons un grande crédibilité dans la région qui s'est renforcée avec le lancement de BBC arabic. Nous voulions présenter de nouvelles formes de programmes à titre d'exemple l'émission “Commission d'enquête” qui est produit dans certains pays arabes. Dans cette émission, appel est fait à des témoins et des responsables pour qu'il s'exprime sans crainte, sans complaisance et sans hypocrisie.

Malgré la bonne réputation de la maison mère, BBC arabic n'arrive pas encore à s'imposer dans le paysage audiovisuel arabe face à la concurrence d'Al Jazeera et d'Al Arabiya ?

C'est peut être un point de vue personnel mais je ne crois pas qu'il résiste aux études de marché qui ont été réalisées récemment. Je reconnais qu'Al Jazeera et qu'Al Arabiya ont une position stable dans l'esprit du téléspectateur arabe mais la chaîne que nous avons lancé a, en une courte période, occupé un place qui n'est pas loin de celle Al Jazeera et d'Al Arabiya. Nous ne sommes en concurrence avec personne. Le téléspectateur d'aujourd'hui zappe et suit les informations sur plusieurs chaînes. Et je n'ai aucun doute : BBC Arabic est au sommet quant à la crédibilité et à la neutralité. Je ne suis pas inquiet sur notre place par les chaînes satellitaires. Toutes les études confirment l'expansion continue de BBC Arabic. Chaque jour nous gagnons un téléspectateur nouveau. Le téléspectateur arabe est intelligent, il prend de chaque station ce qu'il veut. Notre marchandise est connue et protégée par des règles strictes qui nous engage sur le plan moral et professionnel pour que nous soyons pas partie prenante des news et que nous réalisons nos débats et couvrons les informations sans partialité.
Dans les pays arabes, les correspondants de la BBC arabic travaillent souvent dans des conditions difficiles en raison de l'absence des libertés démocratiques. Comment faites-vous pour que ces reporters puissent couvrir correctement des activités qui risquent parfois de fâcher les régimes en place ?

Notre relations avec les responsables est bonne malgré les critiques que nous entendons de temps à autre de leur part mais la plupart saluent la rectitude des journalistes de la BBC. Nous oeuvrons à assurer tous les moyens de protection, de soutien et de formation. Nos correspondants sont entraînés à travailler dans des zones dangereuses. La protection des journalistes est prioritaire. Elle dépasse la collecte de l'information. Cela dit, chaque responsable sait que travaillons selon des règles sévères. Mais, en même temps, nous n'hésitons jamais à présenter nos excuses en cas d'erreur et nous offrons la possibilité aux responsables de rectifier. Cette relation transparente et ce respect mutuel réconfortent notre position dans le monde arabe et garantissent à nos correspondants la capacité de couvrir l'actualité correctement. Le respect des principes d'objectivité n'est pas un choix mais une règle de base dans notre travail. Cela facilite l'action des correspondant et lui permet d'accéder à toutes les parties même si les points de vue son différents.

L'actualité algérienne semble mal couverte par BBC arabic. Beaucoup de questions épineuses liés aux libertés politiques et aux droits humains ne sont pas traités correctement par la chaîne. Pourquoi ? Ya-t-il des limites au travail de la chaîne en Algérie ?

Il n'y a aucune contrainte à notre travail en Algérie mais nous voulons plus de facilités. Par exemple, nous voulons avoir la possibilité de faire des duplex (transmission en direct par satellite) à partir d'Alger. Nous espérons également que l'auditeur algérien puisse écouter la BBC sur bande FM. Si nous obtenons les autorisations nécessaires, nous allons améliorer notre couverture de l'actualité algérienne, pas seulement les sujets politiques mais également les questions liées à l'économie, au développement, de la société, de la culture et des arts. Nous sommes confiants que les responsables vont nous aider à mieux servir l'auditeur et le téléspectateur en Algérie et à présenter une image réelle de l'Algérie au reste du monde.

Contrairement à Al Jazeera, qui consacre un journal quotidien à l'actualité Maghrébine, la BBC arabic ne semble accorder beaucoup d'espace à cette partie du monde arabophone. S'agit-il d'un choix éditorial ?

Ce n'est pas un choix éditorial mais une différence entre ce que nous faisons et ce que font nos confrères dans d'autres chaînes. Nous traitons avec le monde arabe comme une seule culture et nous ne le divisons pas en Machreq et Maghreb. Les questions du Liban, de la Syrie, de l'Arabie Saoudite, de l'Egypte, de l'Irak et d'autres pays intéressent les téléspectateurs du Maghreb au même que les questions relatives à l'Algérie, au Maroc, à la Mauritanie, la Tunisie ou la Libye suscitent l'intérêt de notre public au Moyen-Orient à travers nos journaux et nos programmes.
Pourquoi, selon vous, tous les grands pays, comme la Russie, la Chine, l'Allemagne, les Etats Unis, la France, ont lancé des chaînes de télévision en arabe ?
Ces pays s'intéressent au monde arabe et au rôle qu'il joue en politique et en économie. Ces pays veulent transmettre une image proche de ses positions, sans intermédiaire. C'est peut l'autre revers de la médaille puisque le monde d'aujourd'hui connaît des tentatives d'engager des dialogues à travers les cultures. C'est un phénomène qui ne se limite au monde arabe. L'Iran entend s'adresser au monde à travers des chaînes qui diffusent en anglais et en arabe. Qatar fait de même avec le reste du monde par le biais d'Al Jazeera English. BBC Arabic ne pense pas qu'elle fait partie d'un plan occidental de dialogue avec le monde arabe. BBC Arabic n'est pas porte-parole des politiques britanniques. Notre traitement des faits d'actualité se fait selon une tradition bien ancrée par la BBC en tant qu'institution médiatique. Nous ne voyons pas qu'il est de notre devoir de propager ou de soutenir les positions politiques britanniques ou occidentales. BBC couvre les événements sous tous les angles. Elle traite équitablement toutes les parties impliquées dans ces événements, gouvernement, opposition, politiques ou individus. Nous oeuvrons à permettre l'expression de tous les points de vue.


F.M


Sur la trace de Radio Londres

Depuis le 11 mars 2008, BBC télévision diffuse en arabe, dix après après avoir lancé un site internet en arabe, parmi les premiers en Europe, et soixante dix ans après la fameuse BBC radio. Les programmes de BBC Arabic sont orientés avec le Maghreb et le Moyen Orient. Ils sont diffusés par les satellites Arabsat Badr 4, Eutelsat Hotbird 8 et Nilesat 102. Plusieurs émissions font déjà la notoriété de la chaîne comme “Lajnat Taqqasi Al Haqqaeq” (la Commission d'enquête),un investigation journalistique menée par les téléspectateurs eux même, “Ajenda Maftouha” (Agenda ouvert), un débat approfondi sur un événement et “Nuqtat Hiwar” (Point de dialogue), une discussion interactive sur l'actualité impliquant tous les supports multimédia. Le multimédia est justement l'une des particularité de BBC Arabic qui s'appuie autant sur la radio que sur l'internet et le téléphone portable pour diffuser les informations et pour la transmission simultanée des débats. “Ces médias ne sont plus monopole de couches aisées comme ce fut le cas par le passé. Dans le monde arabe, la recherche de l'information se fait à travers tous ces moyens, on écoute la radio le matin, on regarde la télé le soir et on reçoit les news à travers le mobile dans plusieurs endroits”, précise Hossam El Sokkari, directeur général de BBC Arabic. Une quinzaine d'algériens travaillent à la BBC entre journalistes, rédacteurs, présentateurs et designers. Le plus connu est Ali Oudjana, ancien présentateur à l'ENTV, qui a rejoint BBC radio en 2007 en tant que producteur et présentateur avant de rejoindre la BBC Arabic comme présentateur de journaux. Ali Oudjana a également travaillé avec Khalifa News (aujourd'hui disparue) et ANN. Les autres journalistes vedettes de BBC Arabic sont, entre autres, la libanaise Fida Bassil, une transfuge de Al Hayat-LBC, le palestinien Hassan Mouawadh, un ancien de BBC Radio et de Al Arabiya, l'irakienne Rania Al Attar, qui a commencé à Nahrain TV à Baghdad avant de rejoindre Al Hurra à Washington. A Alger, Ahmed Megâache est le correspondant de BBC Arabic. La chaîne a des correspondants dans seize pays arabes.

F.M

Publié par El Watan-Week end









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# Posté le samedi 31 octobre 2009 04:21