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Fayçal Métaoui

Boujour, Salam
Je suis un journaliste algérien qui travaille au quotidien El Watan. Je m'intéresse à plusieurs questions nationales et internationales. J'interviens également dans des médias internationaux sur plusieurs thèmes. Mes domaines d'intérêt sont : les droits humains, la communication, la diplomatie, les questions géostratégiques, l'internet, le cinéma, les livres, les découvertes, la musique et les voyages. Je m'intéresse également à tout ce qui est nouveau, inconnu. Bref, je n'ai pas envie de mourir idiot !

Création : 04/03/2008 à 00:13 Mise à jour : 05/03/2012 à 04:47

Le harcèlement de syndicalistes et l'interdiction de manifester se poursuivent en Algérie,

A quoi a servi la levée de l'état d'urgence ?

Genève-Paris-Alger, le 01 mars 2012Le harcèlement de syndicalistes et l’interdiction de manifester se poursuivent en Algérie,

Un an après la levée de l'état d'urgence, le Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l'Homme, l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'Homme – un programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) et de l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT), leurs membres algériens la Ligue Algérienne de Défense des Droits de l'Homme et le Collectif des Familles de Disparu(e)s d'Algérie, ainsi que SOS-Disparus, le Syndicat National Autonome des Personnels de l'Administration Publique (SNAPAP) et l'Institut du Caire pour les Etudes des Droits de l'Homme s'inquiètent de la poursuite des attaques contre les défenseurs des droits de l'Homme, et notamment contre les syndicalistes.

Le 26 février 2012 au matin, lors d'un sit-in réclamant les droits des chômeurs et travailleurs précaires devant la Maison de la Presse à Alger, 40 syndicalistes du Comité des travailleurs du pré-emploi et filet social, affilié au Syndicat national autonome des personnels de l'administration publique (SNAPAP) ont été arrêtés avant d'être libérés en fin d'après-midi sans charge. Parmi eux se trouvaient Mme Malika Fallil, présidente du Comité des travailleurs du prés-emplois et filet social, et de M. Tahar Belabès, porte-parole de la Coordination nationale de défense des droits des chômeurs (CNDDC).

Le même jour, 40 enseignants contractuels, ainsi que le président et le secrétaire général du Conseil national des enseignants contractuels, affilié au SNAPAP, ont également été arrêtés lors d'un sit-in devant la Présidence de la République, à Alger, pour réclamer leur titularisation. Tous ont également été libérés sans charge dans la journée.

Ce genre d'arrestations est devenu récurrent contre certains militants des droits de l'Homme et syndicalistes, qui font l'objet d'un harcèlement policier et judiciaire constant. Ainsi, Mme Malika Fallil, et de M. Tahar Belabès, avaient déjà été arrêtés le 22 février lors d'un rassemblement devant le palais des expositions d'Alger, où ils avaient tenté d'interpeller le ministre du Travail et le représentant du Président de la République M. Belkadem Abdelaziz sur les droits des chômeurs et des travailleurs précaires. Ils avaient déjà fait l'objet de plusieurs arrestations de ce type en 2011, de même que d'autres militants syndicalistes.

Par ailleurs, MM. Hadj Aïssa Abbas et Mohamed Seddik Bouamer, représentants de la section locale de la CNDDC à Laghouat (400 km au sud d'Alger), ont été condamnés le 18 janvier 2012 en première instance à 18 mois de prison ferme pour «attroupement sur la voie publique » (art. 297-298 du Code pénal), après avoir pris part à une manifestation pacifique revendiquant les droits des chômeurs en août 2011 à Laghouat. La décision a été rendue par le Tribunal de Laghouat en l'absence des accusés, qui n'avaient reçu aucune convocation et ont fait opposition à ce jugement. Ces condamnations très lourdes constituent un message aussi clair qu'inquiétant envoyé aux syndicalistes et défenseurs des droits de l'Homme qui réclament le droit au travail et à des conditions de vie dignes.

Nos organisations dénoncent vivement ces actes de harcèlement à l'encontre des défenseurs des droits de l'Homme algériens, et rappellent que “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d'autres, de promouvoir la protection et la réalisation de tous les droits de l'Homme et de toutes les libertés fondamentales aux niveaux national et international” (Article 1 de la déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l'Homme).

Nos organisations demandent instamment aux autorités algériennes de mettre un terme à ces actes de harcèlement, et de se conformer en toutes circonstances aux dispositions de la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs ainsi qu'aux instruments internationaux et régionaux de protection des droits de l'Homme ratifiés par l'Algérie.

Le REMDH affirme par ailleurs dans son dernier rapport, La levée de l'état d'urgence : Un trompe l'½il. Exercice des libertés d'association, de réunion et de manifestation en Algérie[1], que la levée de l'état d'urgence n'est qu'un trompe-l'½il derrière lequel les entraves à l'exercice des libertés publiques et individuelles ainsi que les violations des droits de l'Homme se sont aggravées, la plupart des dispositions de l'état d'urgence ayant en réalité été intégrées dans la législation ordinaire.



Contacts:

REMDH: Hayet Zeghiche: +32 2 503 06 86 / +32 488 08 00 41

FIDH: Karine Appy / Arthur Manet: +33 1 43 55 25 18

OMCT: Delphine Reculeau: +41 22 809 49 39

CFDA: +33 1 43 44 87 82

LADDH: +213 21 23 80 86

SNAPAP: +213 21 52 03 72

CIHRS: + 202 27963757





لازالت المضايقات التي يتعرض لها النقابيون مستمرة ولازال الحظر على المظاهرات قائما بالجزائر

بالرغم من رفع حالة الطوارئ

جنيف-باريس- الجزائر، 29 فبراير/شباط 2012

بعد مرور سنة على رفع حالة الطوارئ، تعرب كل من الشبكة الأورو-متوسطية لحقوق الإنسان، مرصد الدفاع عن حقوق الإنسان - برنامج مشترك بين الفيدرالية الدولية لرابطات حقوق الإنسان والمنظمة العالمية لمناهظة التعذيب، وأعضائها الجزائريين: الرابطة الجزائرية للدفاع عن حقوق الإنسان وجمعية عائلات المختفين بالجزائر وإس.أو.إس مفقودون والنقابة الوطنية المستقلة لموظفي الإدارة العمومية ومعهد القاهرة لدراسات حقوق الإنسان، تعرب عن قلقها حول استمرار المضايقات التي تطال المدافعين عن حقوق الإنسان وخاصة تلك التي تطال النقابيين.

خلال اعتصام صبيحة يوم 26 فبراير 2012 للمطالبة بحقوق العاطلين والعمال المهمشين أمام دار الصحافة بالعاصمة الجزائر، تم اعتقال 40 نقابيا من اللجنة الوطنية لعمال عقود ما قبل التشغيل والشبكة الاجتماعية التابعة للنقابة الوطنية المستقلة لموظفي الإدارة العمومية قبل أن يتم إطلاق سراحهم بعد الظهر دون أية تهم. وقد كان من بينهم مليكة فليل، رئيسة اللجنة الوطنية لعمال عقود ما قبل التشغيل والشبكة الاجتماعية والسيد الطاهر بلعباس، الناطق الرسمي باسم التنسيقية الوطنية للدفاع عن حقوق العاطلين.

كما اعتُقل في نفس اليوم 40 معلما متعاقدا والرئيس والأمين العام للمجلس الوطني للمعلمين المتعاقدين التابع للنقابة الوطنية المستقلة لموظفي الإدارة العمومية، خلال اعتصام أمام قصر رئيس الجمهورية بالعاصمة الجزائرية لكي يطالبوا بتثبيثهم في العمل. وقد تم الإفراج عنهم جميعا في نفس اليوم دون توجيه أي تهم إليهم.

فبعض الناشطين النقابيين يتعرضون باستمرار لمضايقات الشرطة ولمضايقات قضائية على غرار السيدة مليكة فليل والسيد الطاهر بلعباس الذين سبق وتم اعتقالهما في 22 فبرار/شباط خلال تجمع أمام قصر العروض بالجزائر حيث حاولا سؤال وزير العمل وممثل رئيس الجمهورية السيد بلخادم عبد العزيز حول حقوق العاطلين والعمال المهمشين. وقد سبق وتعرضا وكذلك العديد من النقابيين الآخرين لعدة اعتقالات من هذا القبيل سنة 2011.

وعلاوة على ذلك، فقد حُكم على كل من السيد الحاج عيسى عباس ومحمد صديق بوعامر، ممثلا الفرع الوطني للجنة الوطنية للدفاع عن حقوق العاطلين بالأغواط بالحبس 18 شهرا في 18 يناير/ كانون الثاني 2012 بتهمة "التجمع غير المشروع على الطرق العامة" (المادة 298-297 من قانون العقوبات) عقب مشاركتهما في مظاهرة سلمية تطالب بحقوق العاطلين في آب/غشت 2001 بالأغواط. لقد أصدرت محكمة الأعواط القرار في غياب المتهمين الذين لم يحصلا على أية دعوة واعترضا على الحكم. إن هذه الاتهامات الخطيرة تعتبر رسالة واظحة ومقلقة للنقابيين والمدافعين عن حقوق الإنسان الذين يطالبون بالحق في العمل وفي ظروف معيشية لائقة.

تدين منظماتنا بشدة هذه المضايقات التي يتعرض لها المدافعون عن حقوق الإنسان الجزائريون وتذكر بأن " لكل شخص سواء كان فردا أو جماعة الحق في تعزيز وحماية وتفعيل كافة حقوق الإنسان والحريات الأساسية على الصعيد الوطني أو الدولي" (المادة 1 من إعلان الأمم المتحدة حول المدافعين عن حقوق الإنسان).

وتطالب منظماتنا السلطات الجزائرية بوضع حد فوري لهذه المضايقات والامتثال في جميع الظروف لأحكام إعلان الأمم المتحدة حول المدافعين عن حقوق الإنسان وللصكوك الدولية والإقليمية لحماية حقوق الإنسان التي صادقت عليها الجزائر.

وتؤكد الشبكة الأورو-متوسطية لحقوق الإنسان في آخر تقرير لها "خدعة رفع حالة الطوارئ. ممارسة حريات التجمع والتنظيم والتظاهر في الجزائر[2]"، على أن رفع حالى الطوارئ ليس سوى خدعة تفاقمت معها العقبات التي تقف أمام ممارسة الحريات العامة والحريات الفردية والانتهاكات التي تطال حقوق الإنسان، حيث تم دمج معظم أحكام الطوارئ في التشريع العادي.

بيانات الاتصال:

الشبكة الأورو-متوسطية لحقوق الإنسان: حياة زغيش: +32 2 503 06 86 / +32 488 08 00 41

الفيدرالية الدولية لرابطات حقوق الإنسان والمنظمة: كارين أبي/أرتور مانيت: +33 1 43 55 25 18

المنظمة العالمية لمناهظة التعذيب: دلفين روكيلو: +41 22 809 49 39

جمعية عائلات المختفين: +33 1 43 44 87 82

الرابطة الجزائرية للدفاع عن حقوق الإنسان: +213 21 23 80 86

النقابة الوطنية المستقلة لموظفي الإدارة العمومية: +213 21 52 03 72

معهد القاهرة لدراسات حقوق الإنسان: + 202 27963757



Harassment of Union Leaders and Bans on Demonstrations Continue in Algeria

Despite the Repeal of the State of Emergency

Geneva and Paris, 1 March 2012

One year after the repeal of the state of emergency in Algeria, the Euro-Mediterranean Human Rights Network (EMHRN) and the Observatory for the Protection of Human Rights Defenders, a joint programme of the International Federation for Human Rights (FIDH) and the World Organisation Against Torture (OMCT); their Algerian member organizations the Algerian League for Human Rights Defence (LADDH) and the Coalition of Families of the Disappeared (CFDA); as well as SOS-Disparus, the National Independent Union of Public Servants (SNAPAP) and the Cairo Institute for Human Rights Studies, are deeply concerned about the fact that human rights defenders, in particular union activists, remain the targets of harassment by the authorities.

On 26 February 2012, 40 members of the National Workers' Committee on Pre-employment and the Social Net of the National Independent Union of Public Servants (Syndicat national autonome des personnels de l'administration publique, SNAPAP) were arrested during a sit-in demonstration staged in front of the Maison de la Presse in Algiers, where participants were calling for recognition of the rights of unemployed and casual workers. After being detained in the morning, the union leaders were released in the late afternoon without being charged. Among them were Malika Fallil, chair of the National Workers' Committee on Pre-employment and the Social Net, and Tahar Belabès, spokesperson for the National Coordination for the Defence of the Rights of the Unemployed (Coordination nationale de défense des droits des chômeurs, CNDDC).

On the same day, 40 contract teachers, along with the president and the general secretary of the Contract Teachers' National Council (a SNAPAP affiliate), were also arrested at a sit-in held in front of the Presidency of the Republic in Algiers to call for the granting of tenure. All were released later that day without being charged.

This kind of arrests has become recurrent against some union activists who are the targets of constant harassment by police and by the judicial authorities. Both Ms Fallil and Mr Belabès had already been arrested on 22 February at a demonstration that took place in front of the Palais des Expositions in Algiers, where they tried to question the Minister of labour and the spokesman of the President of the Republic Belkhadem Abdelaziz, about the rights of unemployed and casual workers. Both had also been hounded for their participation in demonstrations in favour of economic and social rights in 2011 as well as other union activists.

Another example of harassment is that of Hadj Aïssa Abbas and Mohamed Seddik Bouamer, representatives of the CNDDC branch in Laghouat, 400 km south of Algiers. On 18 January 2012, the two men were sentenced in trial court to 18 months in jail for 'demonstrating in a public place' (art. 297-298 of the Penal Code) after having taken part in a peaceful demonstration in favour of the rights of unemployed workers in August 2011 in Laghouat. The Laghouat court's decision was made without the accused being present, since they had not been summoned. They are opposing the in absentia judgment. This severe sentence sends a clear and disturbing message to union leaders and human rights defenders calling for recognition of the right to work and the right to decent living conditions.

Our organizations strongly condemn this harassment of Algerian human rights defenders. They point out that, according to article 1 of the United Nations Declaration on Human Rights Defenders, 'everyone has the right, individually and in association with others, to promote and to strive for the protection and realization of human rights and fundamental freedoms at the national and international levels'.

Our organizations urge the Algerian government to bring all acts of harassment to an end and to comply in every respect with the UN Declaration on Human Rights Defenders and with the international and regional instruments for the protection of human rights that have been ratified by Algeria.

EMHRN has already noted in its latest report – entitled Lifting the State of Emergency: A Game of Smoke and Mirrors. The Status of Freedom of Association, Assembly and Demonstration in Algeria[3] – that the repeal of the state of emergency was only a game of smoke and mirrors. This measure only served to conceal the fact that barriers to the enjoyment of public and individual freedoms, as well as human rights violations, have become even more relentless than before and that most of the restrictive measures in place during the state of emergency have simply been incorporated into regular laws.

Contacts:

EMHRN: Hayet Zeghiche: +32 2 503 06 86 / +32 488 08 00 41

FIDH: Karine Appy / Arthur Manet: +33 1 43 55 25 18

OMCT: Delphine Reculeau: +41 22 809 49 39

CFDA: +33 1 43 44 87 82

LADDH: +213 21 23 80 86

SNAPAP: +213 21 52 03 72

CIHRS: + 202 27963757

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#Posté le lundi 05 mars 2012 04:47

Les attaques "politiques" commencent...

         Médias: Pourquoi la CNAS veut étrangler financièrement El Watan ?
 
 
                                               Communiqué d'El Watan


C'est avec stupeur, indignation et inquiétude que le quotidien El Watan a pris connaissance d'une correspondance de la CNAS qui lui réclame une somme aussi faramineuse que fantaisiste de 221 084 409,75 DA (22 milliards de centimes) due, selon l'organisme, à des impayés de cotisations sociales de ses collaborateurs et pigistes sur sept années (2005-2011).
La même démarche a été faite, il y a deux ans, par la CNAS en direction de plusieurs journaux nationaux. L'organisme et son ministre de tutelle – qui a pris l'engagement qu'une telle erreur ne se reproduirait plus – se sont rétractés suite aux réclamations des éditeurs. Ces derniers ont démontré que le recours à des collaborateurs et à des pigistes est une pratique universelle.
La plupart des médias nationaux les sollicitent généralement en appui au travail des journalistes permanents. Ils interviennent épisodiquement sur un thème particulier ou spécialisé et leur rémunération est fixée par le biais d'une convention qui établit un prélèvement de 10% au titre de l'IRG.
Comme ils ne sont ni permanents ni salariés et qu'ils travaillent la plupart du temps ailleurs, ils ne sont pas assujettis aux cotisation sociales du journal qui sollicite leurs services. Ils ne peuvent être éligibles deux fois aux cotisations sociales. La CNAS ignore-t-elle cela ?
Pourquoi se met-elle à contre-courant de la loi ? De plus, El Watan ne recourt que très peu aux collaborateurs et aux pigistes. Le journal fonctionne essentiellement avec des travailleurs permanents au nombre de 230 et verse à la CNAS 4 millions de dinars mensuellement au titre des cotisations sociales. Depuis sa création, le quotidien El Watan a toujours été en règle avec cet organisme comme il l'est au demeurant avec l'ensemble des autres institutions étatiques, parmi elles la Direction des grandes entreprises (DGE) qui l'a  félicité pour le sérieux de sa relation avec les services fiscaux.
Légitimement, El Watan s'interroge sur les vrais mobiles de cette démarche aussi inattendue que brutale de la CNAS qui intervient dans un contexte politique très particulier. L'organisme a-t-il été instrumentalisé par une quelconque autorité pour affaiblir le journal et l'empêcher de jouer un rôle d'information et d'éclairage sur les véritables enjeux des rendez-vous politiques à venir ? Le journal pourrait le penser si la CNAS ne revenait pas à la raison sur son injuste et dangereuse réclamation, laquelle est en mesure d'étrangler financièrement quotidien et l'amener carrément à disparaître. Tous les autres médias du pays recourant aux services des collaborateurs et pigistes pourraient subir le même sort.
Pour l'heure, El Watan  s'élève énergiquement contre une telle pratique qui n'honore pas l'idée généreuse que se font généralement les citoyens de cette institution qu'est la CNAS .

                                                               Le conseil d'administration de la SPA El Watan


* CNAS : Caisse nationale des assurances sociales



Elwatan.com
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#Posté le dimanche 22 janvier 2012 11:01

Une année après, les autorités algériennes constatent que quelque chose a changé en Tunisie !

 
Le président Bouteflika à Tunis


La reconnaissancetardive d'Alger
 
 

 
 
Mieux vaut tard que jamais. Alger reconnaît enfin la révolution du 14 janvier 2011, celle qui a débarrassé la Tunisie de la dictature de Zine Al Abidine Ben Ali, de son épouse Leila Trabelsi et de leurs familles.
 
C'est le but principal de la visite hier du président Abdelaziz Bouteflika à Tunis. Le chef d'Etat algérien a eu un entretien en tête à tête avec Moncef Marzouki, président désigné par l'Assemblée constituante, le 12 décembre 2011, pour gérer la période de transition démocratique. Cette rencontre entre les deux responsables signifie que l'Algérie admet qu'un nouveau pouvoir, sorti des urnes, a émergé en Tunisie. Bouteflika a marqué sa présence avec d'autres chefs d'Etat, dont le président du Conseil national de transition (CNT) libyen, Moustapha Abdeljalil, et l'émir du Qatar, Hamad Bin Khalifa Al Thani, aux festivités marquant la fin d'une longue période de terreur qui a duré plus de cinquante ans.
Zine Al Abidine Ben Ali n'avait reconduit que l'autoritarisme instauré par Habib Bourguiba, «le père libérateur». Bouteflika, qui avait assisté à l'enterrement de Bourguiba en avril 2000 et qui avait félicité Ben Ali pour son «modèle de démocratie», était à Tunis pour souhaiter du bonheur à Moncef Marzouki, homme politique connu pour son combat pour les droits humains et contre l'arbitraire. La différence d'âge entre Bouteflika et Marzouki n'est que de huit ans, mais les visions politiques sont très éloignées, voire inconciliables. Marzouki croit à l'importance des libertés démocratiques dans la vie d'une nation, Bouteflika estime que le peuple «n'est pas assez mature» pour mériter la démocratie. L'ancien militaire, Ben Ali, partageait le même point de vue. Idem pour l'ancien «guide» libyen. Leur sort a été définitivement scellé par l'histoire. Bouteflika a-t-il évolué avec l'accélération des événements politiques au Maghreb et au Moyen-Orient ? Son voyage à Tunis, annoncé par la présidence tunisienne la semaine écoulée, est un bon signe. Cela veut dire que quelque chose a changé au sein du pouvoir algérien.

VOLTE-FACE DU RÉGIME ALGÉRIEN

Les autorités algériennes n'avaient-elles pas montré une hostilité à peine contenue contre la Tunisie après la fuite de Ben Ali en janvier 2011 ? Cette hostilité est devenue dramatiquement visible avec la crise libyenne montrant, dans la foulée, tous les handicaps de la diplomatie algérienne et toutes les limites des approches sécuritaires de la politique extérieure. Bouteflika a eu peu de mots, aucune position claire, sur les révoltes arabes, préférant laisser ses relais servir le disque, usé jusqu'à l'aphonie, sur «l'ingérence étrangère». Un discours folklorique a tourné en boucle pendant des mois «dévitalisant» temporairement les appels au changement pacifique à l'intérieur du pays. Bouteflika, qui décide en matière de politique étrangère, a tout fait pour que l'Algérie officielle n'appuie pas ouvertement les révoltes des peuples tunisien, libyen, égyptien, syrien et yéménite. Les hésitations actuelles sur le dossier syrien en sont une preuve. Pour Mourad Medelci, ministre des Affaires étrangères, l'Algérie ne soutient pas les régimes «mais les Etats» et elle ne s'ingère pas dans les affaires d'autres pays. Cet argument, développé a posteriori, aurait été valable il y a vingt ou trente ans. Passons.
Bouteflika a déjeuné hier au palais de Carthage à Tunis en compagnie de Moncef Marzouki, Moustapha Abdeljalil, Hamad Bin Khalifa Al Thani et d'autres responsables. L'agence officielle APS a rappelé les propos de Bouteflika sur la capacité de la Tunisie «d'arriver à bon port et de garantir sécurité et bien-être au peuple tunisien» et ceux de Abdelkader Messahel, ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, sur le respect par l'Algérie des choix du peuple tunisien et son souhait que ce pays «puisse asseoir les fondements d'un régime démocratique pluriel». L'APS a aussi évoqué la visite, la première à l'étranger, de Badji Kaïd Essebsi, ex-Premier ministre tunisien, en Algérie. Oui, mais Moncef Marzouki, pour son premier déplacement en dehors de la Tunisie, a choisi de se rendre en Libye, pas en Algérie. Il a donc été précédé par la venue de Bouteflika. Le chef d'Etat algérien a-t-il compris que l'Algérie n'a désormais aucun autre choix que de s'adapter aux nouvelles donnes dans la région arabe et d'accompagner les démocraties naissantes de sorte à mieux protéger ses intérêts stratégiques sur le long terme ? Ou agit-il pour des considérations de politique intérieure ? Il reste que le secrétaire d'Etat adjoint américain pour les Affaires du Proche-Orient et de l'Afrique du Nord, Jeffrey Feltman, était venu en octobre 2011 à Alger demander clairement aux autorités algériennes de soutenir les processus de transition en Tunisie et en Libye.
Mourad Medelci s'est déplacé cette semaine à Washington, deuxième déplacement en moins de huit mois, pour rassurer les Américains sur «les réformes» politiques en Algérie. Usant d'un langage diplomatique plus que prudent, Hilary Clinton, secrétaire d'Etat américaine, a déclaré que les Etats-Unis «veulent» voir l'Algérie dotée «d'une base démocratique solide» qui reflète «les aspirations du peuple algérien». Le changement de cap de Bouteflika en terrain extérieur obéit probablement à ce souci d'éviter que les pressions extérieures deviennent plus fortes et plus denses. Sa stratégie sera donc de «normaliser» les rapports avec les voisins maghrébins et de préparer des élections législatives «exemplaires». Le locataire d'El Mouradia profite donc d'une certaine marge de liberté en attendant de décider de partir ou pas en 2014. Quelque part le compte à rebours a commencé...
 

Fayçal Métaoui


Publié par El Watan le 15/01/2012


link : http://www.elwatan.com/actualite/la-reconnaissancetardive-d-alger-15-01-2012-154883_109.php


 
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#Posté le dimanche 15 janvier 2012 23:29

Publié par El Watan Week end un vendredi 13 !

 
Ahmed Ouyahia de A à Z
 


Il aura fallu déterrer le génocide des Arméniens commis par les Turcs en 1915 pour que les Algériens osent parler des massacres du  Mai 1945 commis par les Français. Mais quelle mouche a donc piqué notre Premier ministre ?
 


A. Affabulations. «On dit que j'ai plusieurs villas, 50% d'Aigle Azur... Ce sont des affabulations», a déclaré Ahmed Ouyahia. Mais qui a dit que le Premier ministre a plusieurs villas ? La presse ? L'opposition ? Personne. Ouyahia lié à l'homme d'affaires Mahieddine Tahkout ? Tout Alger en parle. Pour l'entourage de l'ancien ministre de la Justice, cela relève de rumeurs. Relisons la déclaration officielle de biens faite par Ouyahia en mai 2006 : une villa à Hydra (il le faut bien !) acquise pour un montant de...1,7 million de dinars, pas de véhicule, pas de placement bancaire, pas de bien immobilier. Il a tout juste une petite, toute petite somme, de 600 000 DA en compte trésor. Existe-t-il un mécanisme légal efficace pour vérifier si Ouyahia dit vrai ? Aucun. Donc, Ouyahia ou tout autre responsable politique peut déclarer ce qu'il veut, mettre les chiffres qu'il veut... Qui le contredira ? La règle de l'accountability n'existe pas en Algérie.
B. Bouteflika. Ahmed Ouyahia se dit fidèle à Abdelaziz Bouteflika. Il a défendu avec acharnement toutes les décisions, même les plus contestées, prises par le président de la République. De mai 2002 à juin 2003, Ouyahia a été même désigné «représentant personnel» du chef de l'Etat. Depuis avril 2011, le Premier ministre ne cesse de défendre ce qui est appelé «réformes» politiques de Bouteflika inscrites, selon lui, dans une démarche de «redressement national». Réformes ? Amendement des lois sur les partis, les associations et l'information. Le but ? Réduire jusqu'à la dernière marge les libertés dans le pays. La preuve ? Les Algériens n'ont toujours pas le droit de manifester pacifiquement dans la rue. Aujourd'hui, Ouyahia souhaite que Bouteflika parte...
C. Contradiction. Ahmed Ouyahia n'a pas peur de se contredire. En 1996, il avait soutenu la décision du président Liamine Zeroual de limiter les mandats présidentiels à deux après la révision de la Constitution. En 2008, le même Ouyahia soutient l'ouverture des mandats présidentiels après le léger amendement de la Constitution introduit par le président Bouteflika pour rester au pouvoir. Fin 2011, Ouyahia, qui fait dire à son parti, le RND, tout ce qu'il veut, est favorable, une nouvelle fois, à la limitation des mandats présidentiels à deux. Incroyable capacité de dire la chose et son contraire !
D. Destin. Ahmed Ouyahia croit avoir un destin tracé dans les tablettes du temps. L'homme, qui entre et sort du Palais du gouvernement depuis dix-sept ans et qui prétend travailler plus que les autres, se voit président de la République. Tôt ou tard. Interrogé dernièrement sur son éventuelle candidature pour la présidentielle de 2014, le patron du RND a eu cette réponse : «Trop tôt pour en parler.» L'intention existe donc. «La présidence de la République est une rencontre entre un homme et son destin», a-t-il ajouté sur un ton qui se veut philosophique. «Il y a des gens qui se portent candidats juste pour passer des messages ou pour exister. Ce n'est pas dans ma culture», a-t-il dit. Ouyahia pense, il existe donc !
E. Etat. «Pour moi, la notion de commis de l'Etat est d'une grande noblesse. J'ai derrière moi presque une trentaine d'années au service de l'Etat. Rédiger un document en tant que jeune cadre de l'administration ou occuper le poste de Premier ministre a la même valeur à mes yeux», a déclaré Ouyahia dans une interview à l'hebdomadaire Jeune Afrique en 2004. Ouyahia se définit comme «Oulid Ed Dawla» («enfant de l'Etat»). Pour ses détracteurs, Ouyahia confond «Etat» et «système». «J'ai eu l'honneur de servir mon pays et j'ai dirigé le gouvernement pendant une des périodes les plus difficiles de l'histoire de l'Algérie. J'ai évidemment parfois ressenti de la lassitude, une sorte de découragement», a-t-il pleuré dans la même interview. «Mais cela m'a également appris l'humilité. Que sommes-nous, bien assis dans nos bureaux, par rapport à ceux qui, chaque matin, apportent leur contribution à la vie du pays, à l'usine, à l'école, dans les hôpitaux ?», a-t-il ajouté. On ose à peine croire qu'Ahmed Ouyahia est un homme de gauche !
F. Fraude. Le Rassemblement national démocratique (RND), né en 1997 pour neutraliser le FLN «coupable» d'avoir soutenu «le contrat national» de Rome en 1995 et servir de nouveau rempart «nationaliste» contre les islamistes, est l'enfant d'une fraude massive lors des élections législatives de 1997. Un scrutin qui devait faire oublier celui de décembre 1991. Le RND est curieusement sorti vainqueur de la consultation trois mois seulement après sa création. Une «prouesse» jamais réalisée de toute l'histoire de la politique. «Le bébé né avec des moustaches», avaient plaisanté les uns. «Le parti préfabriqué», avaient répliqué les autres. Le rapport d'enquête parlementaire sur la fraude électorale n'a jamais été rendu public. Ahmed Ouyahia, alors chef de gouvernement, a tout fait pour l'enterrer. Une tache noire.
G. Grandiose. Voilà ce que prévoit mot à mot le signe astral d'Ahmed Ouyahia : «Vous cherchez souvent à retenir l'attention, à jouer un rôle central (...) Reste une indéniable force de caractère qui peut vous mener très loin : balayant un à un les obstacles, vous saurez mieux que d'autres parvenir à vos fins et vous donner les moyens d'une exceptionnelle réussite. Car vous imaginez – à tort ou à raison – votre destin que comme brillant, spectaculaire, en un mot... grandiose ! » Cela fait peur... même si l'on n'est pas obligé de croire les astres.
H. Histoire. Ahmed Ouyahia a accusé la Turquie d'avoir «colonisé» l'Algérie. Or, l'histoire a bien retenu que les Algériens avaient fait appel à la marine ottomane pour les protéger contre les conquêtes espagnoles. Même les manuels scolaires algériens précisent que les frères Barberousse, héros de l'Etat ottoman, avaient bel et bien «sauvé» Alger. La Casbah d'Alger n'avait-elle pas été forteresse ottomane du XVIe au XIXe siècles ? «Nous disons à nos amis turcs de cesser de faire de la colonisation de l'Algérie un fonds de commerce», a dit Ouyahia à propos des déclarations de Tayyep Erdogan, Premier ministre turc, qui a accusé la France d'avoir commis un génocide en Algérie après le vote du Parlement français sur «le génocide arménien». Ouyahia en défenseur de la France ? Oui, estime le député Moussa Abidi qui a proposé le projet de loi sur «la criminalisation du colonialisme». Une proposition considérée par Ouyahia comme «une carte politique, sans plus». «Ouyahia veut plaire à la France, gagner sa confiance et défend ses intérêts», a répliqué Moussa Abidi dans une déclaration au quotidien El Khabar. Pour le parti El Islah, Ouyahia a attaqué Erdogan parce que la Turquie a soutenu le Printemps arabe.
I. Investissements. Pour beaucoup d'experts, l'instabilité juridique en matière d'investissement est liée aux méthodes rigides du Premier ministre actuel. Cette politique est marquée par un interventionnisme à tous les échelons de l'Etat, par l'absence de transparence dans la conclusion des marchés publics et par l'échec à réduire les importations. Ouyahia a combattu l'arrivée d'investissements arabes en Algérie.Au Caire, Riyad, Doha ou Abu Dhabi, son nom est souvent cité. Les problèmes que rencontre l'Egyptien Orascom en Algérie seraient nés de cette attitude hostile du Premier ministre.
«La démarche de certains investissements arabes en Algérie n'était pas sérieuse. Nous avons entendu plus de discours que de propositions concrètes», a-t-il tenté de se justifier devant le Sénat.
J. Janviériste. «Je reste un janviériste convaincu», a déclaré Ouyahia la semaine écoulée, lors d'une conférence de presse à Alger. Après l'arrêt du processus électoral en janvier 1992 par les généraux, la mémoire nationale n'a pas retenu le nom d'Ahmed Ouyahia qui, à l'époque, était ambassadeur au Mali. Sous le Haut-Comité d'Etat (HCE), il a servi, à partir de 1993, en tant que secrétaire d'Etat à la coopération et aux affaires maghrébines. Ouyahia s'est dit «solidaire» avec Khaled Nezzar qui fait l'objet de poursuites judiciaires en Suisse en raison de ses responsabilités en tant que ministre de la Défense dans la répression qui a suivi l'arrêt du processus électoral en 1992. «Le janviériste convaincu» n'a eu aucune peine à applaudir et soutenir «la réconciliation nationale» parrainée par Bouteflika à partir de 2005. Pourtant, le même Ouyahia accusait, dans les années 1990, les partisans de la réconciliation de «relais» des islamistes radicaux...
K. Kabylie. Ouyahia est né, en 1952, à Bouadnane, à une cinquantaine de kilomètres de Tizi Ouzou. Il s'arrange, dans la plupart de ses conférences de presse, pour répondre en tamazight à la première question. Mais combien de fois Ahmed Ouyahia est-il allé visiter en tant que Premier ministre la Kabylie ? Aucune. Lors de la crise de 2001, il a joué le pompier pour amener les délégués de la Kabylie au dialogue. Pas plus.
L. Législatives. «La bataille se gagne sur le terrain. Il ne s'agit pas de dire où allons-nous. Nous allons vers un horizon serein. Il s'agit de réussir des élections législatives qui seront convaincantes pour les Algériens. Nous devons les réussir avec une participation importante de la population», a estimé dernièrement Ahmed Ouyahia. Il n'a pas expliqué comment convaincre les Algériens à aller voter. Les législatives de 2007 avaient été marquées par un taux historique d'abstention, dépassant les 60%. «Nous devons aller vers des élections dans lesquelles nous devons accepter un gagnant», a-t-il appuyé. Quel gagnant ? Le RND ? «Nous ne voulons pas être le mouton de l'Aïd. Bien sûr, on nous tirera dessus. Nous aussi nous allons tirer», a appuyé Ouyahia. Alors les législatives de 2012, à feu et à sang ? !
M. Moralisation. En 1995, Ouyahia a mené la guerre aux cadres algériens. Une guerre impitoyable baptisée «opération mains propres». Loin d'égaler le modèle italien dont elle s'est inspirée, cette opération a conduit des milliers de responsables d'entreprises publiques en prison. On avait parlé à l'époque de 6380 cadres mis en détention. Une bonne partie d'entre eux étaient innocents. Ouyahia s'était défendu en parlant de «moralisation de la vie publique». Des centaines de ces cadres ont bénéficié d'un non-lieu de la part d'une justice qui, dès le début, était complice. Ces personnes n'ont toujours pas été rétablies dans leurs droits. Quel était le but de cette campagne ? Le démantèlement du secteur industriel public puisque la corruption et le détournement des deniers publics sont, depuis cette date, devenus de plus en plus présents au point de menacer l'ensemble de l'économie nationale.
N. Non. «Non, je n'aime pas ce discours qui évoque l'alternance au pouvoir. Le pouvoir n'est pas un manège ! Si nous voulons un enrichissement d'idées en permanence et dépasser les personnes, deux mandats présidentiels constituent une période rationnelle», a soutenu Ahmed Ouyahia lors de l'émission «Hiwar Esaâ» de l'ENTV en juin 2011. Avant lui, Abdelaziz Belkhadem, secrétaire général du FLN, avait prétendu que la limitation des mandats présidentiels est «contraire» à la démocratie. Les cercles du pouvoir sont-ils divisés sur la question ? Il y a tout lieu de le croire...
O. Ouverte. A en croire Ouyahia, l'élection présidentielle du printemps 2014 sera ouverte. Quelles en sont les garanties ? Le Premier ministre n'en a pas encore. Il a avoué que de par son statut au sein du système, il peut dire... «Le pouvoir n'est pas un cadeau qu'on cède facilement». Le pouvoir, un cadeau ? Qui l'eut cru ! Ouyahia a assuré également que les prochaines législatives, prévues le 12 mai 2012, seront transparentes en ajoutant, plus loin, qu'il fera tout pour que son parti en sorte vainqueur. Très rassurant !
P. Ponction. Les Algériens n'oublieront jamais la ponction autoritaire sur le salaire des fonctionnaires décidée par Ouyahia entre 1996 et 1998. Cette décision avait été présentée comme «une mesure d'austérité» pour réduire la dépense publique. Cela a rendu Ouyahia impopulaire. «Quand il a fallu réduire les salaires, je l'ai fait. Quand il a fallu fermer des entreprises et licencier, je l'ai fait. Je ne suis pas de ceux qui cherchent coûte que coûte à être populaires. S'il faut à nouveau prendre des mesures impopulaires, je le ferais», devait déclarer Ouyahia à l'APN en 2008. Imperturbable donc, il a, à deux reprises, ordonné des ponctions sur salaire pour torpiller des mouvements de grève dans les secteurs de l'éducation et de la santé. Cela ne l'a pas empêché de déclarer dans une interview à Jeune Afrique : «La contestation syndicale est somme toute normale dans un pays qui sort d'une longue période de violences politiques.»
Q. Quatrième. «Un quatrième mandat rendra-t-il service à l'Algérie ?» Question d'Ouyahia, deux fois chefs de gouvernement depuis l'arrivée de Abdelaziz Bouteflika au pouvoir en 1999, sur justement les intentions politiques de l'actuel locataire d'El Mouradia. Ouyahia utilise le même langage que les opposants algériens qui estiment que Bouteflika ne peut plus rester au pouvoir compte tenu de son état de santé et des changements politiques majeurs dans la région arabe. L'ancien ministre des Affaires étrangères de Houari Boumediène ne dit rien sur sa volonté de quitter la présidence de la République en 2014. Jusqu'à l'heure.
R. Rassemblement. Le RND, un parti avec un projet de société confus, se bat pour «conforter» le système démocratique et républicain. Le RND, un parti laïque ? Ouyahia ne le dit pas. «Nous n'avons pas la vérité absolue», a-t-il soutenu à la télévision d'Etat. D'après lui, la vision du RND sur la position de la femme et des jeunes en politique est précise. Le RND, formé d'anciens cadres de l'administration et d'hommes d'affaires, semble ramer à droite, en tout cas plus à droite que le FLN. Il s'inscrit dans ce qui est appelé «le courant nationaliste novembriste».
S. Serviteur. Ahmed Ouyahia, qui doit sa carrière à des appuis au sein des décideurs de l'armée, est devenu un serviteur au clan du président Abdelaziz Bouteflika à partir de 2003. A-t-il abandonné le salon des généraux ? En a-t-il les moyens ? Le chef de l'Etat l'a nommé à deux reprises chef de gouvernement. Signe de confiance ? Ou Bouteflika a-t-il été forcé d'accepter un homme politique qui n'a pas eu le courage d'accompagner Liamine Zeroual dans son retrait de la vie nationale en signe de protestation contre le processus «militarisé» de réconciliation nationale ? Pourtant, le général Zeroual a nommé Ouyahia chef de gouvernement après la présidentielle de 1995. Ce dernier est, depuis, sur l'avant-scène. Mais Ouyahia a vite oublié Zeroual en tombant dans les bras larges de Bouteflika, sa famille et son entourage. «Qui vivra verra !», devait dire le général Khaled Nezzar. Les militaires sont-ils pour autant en colère contre Ouyahia désormais «partisan» de Bouteflika ? Rien ne permet de le croire.
T. Télévision. Ouyahia a toujours lutté contre l'ouverture du champ audiovisuel en Algérie et considéré les journalistes de la télévision et de la radio d'Etat comme des «fonctionnaires». Les révoltes arabes, qui ont chassé déjà trois dictateurs, l'ont forcé, lui et le régime qui le représente, à changer d'avis. Subitement, l'ouverture du champ audiovisuel est devenue possible. La nouvelle loi sur l'information a prévu cette libération, mais avec tellement d'obstacles qu'il y a lieu de penser que les télévisions et les radios libres ne seront autorisées à émettre que dans dix ou vingt ans !
V. Victoire. «Quand on va jouer un match face à 21 millions d'électeurs, comment pourrai-je vous dire qui va gagner ?», s'est interrogé Ouyahia sur les prochaines législatives. Pour lui, le RND entre en course pour être victorieux. La Constitution de 1996, changée à l'époque de Liamine Zeroual, a instauré, selon lui, les verrous qui protègent la République (création du Conseil de la nation). «Nul ne peut faire de la politique sur le dos du pluralisme. Il n'y aura plus de “la mithaq la doustour” (slogan du FIS, ndlr)», a-t-il ajouté à propos des islamistes. «A la proportionnelle, il faut un miracle pour avoir une majorité. Ce n'est pas une fantaisie», a-t-il appuyé.
X. X. L'inconnue. «Il faut penser à demain», a souvent dit Ouyahia. Oui, mais comment ? Il n'existe pas de mécanisme sérieux d'études prospectives en Algérie. Les structures créées jusque-là ne servent à rien, si ce n'est à élaborer des rapports que les Algériens ne liront pas. Enigmatique, Ouyahia a eu cette déclaration : «En Algérie, il faut faire le mineur pour savoir ce qu'il y a sous terre.» Difficile de trouver une solution à cette équation à deux inconnues, n'est-ce pas ?
Z. Zèle. «Mon désastre personnel est que dans mon pays, il n'y a plus de sens de l'Etat. Qu'il ait une réunion, et alors ? Cela vous étonne que les autorités du pays se réunissent. Nous sommes arrivés à un stade d'indigence terrible», a explosé Ahmed Ouyahia lorsqu'une question lui a été posée sur la récente réunion qu'a organisée Bouteflika avec les présidents des deux Chambres du Parlement et le Premier ministre. Une réunion entourée d'opacité totale. Ouyahia a trouvé presque scandaleux que la presse s'intéresse à cela. Se référant à Charles de Gaulle, il a relevé que personne, mis à part le porte-parole, ne prenait des notes lorsque le général français, alors chef d'Etat, présidait le Conseil des ministres. Cela remonte à plus de cinquante ans... Il y a donc un problème avec «le logiciel» d'Ouyahia !




Publié par El Watan Week end un vendredi 13 !Fayçal Métaoui
















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#Posté le dimanche 15 janvier 2012 23:22

Quelle gestion pour l'économie algérienne ?

Editorial d'El Watan



Archaïsmes
 
Aucune analyse critique n'a été faite des indices négatifs établis par les organismes internationaux sur l'économie algérienne à la fin de 2011. Que le climat d'investissement soit repoussant, que le système bancaire soit archaïque ou que l'administration soit bureaucratique, cela n'inquiète pas les autorités. La corruption, qui s'est généralisée ces douze dernières années, ne provoque aucune réaction de crainte chez les décideurs. A peine a-t-on concédé de créer un organisme public – une autre structure bureaucratique en fait – pour «lutter» contre le fléau de la corruption. Le code des marchés publics a été amendé plusieurs fois sans que la transparence ne s'impose comme règle de gestion.
L'Inspection générale des finances (IGF) fait un travail qui échappe au contrôle populaire et la Cour des comptes est complètement neutralisée. Les magistrats de cette cour sont payés à ne rien faire. Et ce n'est pas de leur faute. La loi de règlement budgétaire, qui doit théoriquement contrôler les dépenses autorisées par la loi de finances, a été noyée dans une mer de chiffres pour, à première vue, empêcher les députés et, par extension, l'opinion nationale, de mieux comprendre la manière dont l'argent public est dépensé, voire gaspillé. Sous prétexte d'exécuter des programmes d'équipement public, exprimés en milliards de dollars, on se permet toutes les dépenses.
Pourtant, les routes sont toujours aussi dégradées, les coupures d'eau et d'électricité toujours aussi fréquentes, le chômage toujours aussi endémique et les hôpitaux et les écoles toujours mal équipés. La grave pénurie de médicaments – qui aurait dû mener le ministre de la Santé à déposer sa démission et le Premier ministre avec – relève d'une incroyable banalité. A-t-on entendu le président de la République ordonner une enquête sur cette affaire qui sent mauvais et qui met en danger la cohésion nationale ? Pourtant, Abdelaziz Bouteflika connaît, mieux que d'autres, la valeur de la santé. Le cafouillage qui entoure les dossiers ArcelorMittal et Djezzy permet de croire qu'il n'existe aucune volonté de sortir l'économie algérienne du sous-développement.
En quoi la récupération partielle de l'opérateur de téléphonie mobile Djezzy par l'Etat est-elle importante pour l'Algérie ? Djezzy n'est-elle pas une entreprise de droit algérien employant des milliers d'Algériens ? L'Etat, qui ne peut pas lutter contre l'informel légal, économique et commercial, peut-il diriger comme il se doit une entreprise propriété d'un groupe mondial de télécommunications ? La réponse est claire : non. L'enjeu est peut-être ailleurs. Quel est l'intérêt de faire partir un géant mondial tel qu'ArcelorMittal du pays ? Ou de créer des problèmes à un autre, Dubaï Port ? Le jour où les Algériens s'intéresseront de près à l'action nocive des lobbies (ils sont plusieurs) de l'importation, on comprendra mieux les raisons du blocage de l'économie nationale. Les discours romantiques sur les nationalisations vont, malgré la bonne volonté de leurs auteurs, dans le sens des clubs fermés de l'import-import.



Fayçal Métaoui


http://www.elwatan.com/edito/archaismes-10-01-2012-154273_171.php
Publié par El Watan le 10/12/2012

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#Posté le mardi 10 janvier 2012 10:35

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