Nessma TV veut s'imposer dans le ciel du Maghreb

Nessma TV veut s'imposer dans le ciel du Maghreb
Nebil Keroui-Directeur général de Nessma TV :
« Nous visons 15% de l'audimat au Maghreb »

Nebil Karoui, directeur de la chaîne de télévision tunisienne Nessma TV, est venu à Alger accompagné de Tarak Ben Ammar, le célèbre producteur de cinéma tunisien, et de tout le staff de Ness Nessma, le talk show, marque de fabrique de la chaîne, relancée depuis juin 2009. Il a animé hier une conférence de presse pour présenter les nouveaux programmes d'une télé qui aspire à être celle du « Grand Maghreb ». Rencontré à Alger, Nebil Karoui explique les grandes lignes de sa stratégie de conquête d'un marché de 80 millions de Maghrébins.


Cinq mois après la relance de Nessma TV, vous annoncez une audience record en Algérie. A quoi est due cette percée ?

Nous avons fait une audience de 21% pour les émissions diffusées sur les Verts. L'ENTV faisait 24%. A Oran, nous avons enregistré une audience de 44%, probablement à cause de la présence de Lakhdar Belloumi dans l'émission « Ness Nessma ». Nous avons calculé l'audience les 6, 12, et 23 novembre 2009. Nous avons diffusé trois émissions sur le football. Nessma TV est la chaîne numéro 1 en Kabylie également en raison, peut-être, du langage mixte utilisé, à savoir l'arabe, le français et les dialectes maghrébins. Selon nos études, la chaîne est appréciée par les jeunes et les femmes instruites. Nessma TV est la chaîne satellitaire numéro 1. Nous concurrençons l'ENTV, ce qui est déjà exceptionnel. Nous visons 15% de l'audimat au Maghreb. C'est possible, car nous nous adressons aux c½urs ! On ne peut pas mentir. La vraie naissance de notre chaîne date de juin 2009. Auparavant, ce n'était qu'un tube musical qui n'avait pas d'audience.

Oui, mais l'ENTV est une chaîne célèbre par sa médiocrité...

Il s'agit de gens qui ont de l'expérience et des moyens, mais qui ont des contraintes aussi. Je les comprends. Peut-être que l'objectif de l'ENTV est un autre que celui d'une chaîne commerciale. Nessma TV revendique ce statut. Une chaîne publique doit véhiculer des messages, éduquer, peut-être que cela ne plaît pas à tout le monde. Elle n'est pas là pour faire du divertissement, elle est là pour un but précis.

En Tunisie, vous êtes concurrencé par Hannibal...

En Tunisie, Nessma TV a entre 15 et 20% d'audience. Elle est la chaîne satellitaire numéro 1. La concurrence avec Hannibal ou Tunis 7 dépend des programmes et des jours. Parfois, on est télé numéros 1, 2 ou 3. Mais, ce qui est sûr, c'est que l'on est au maximum télé numéro 3. Dans le c½ur et dans les programmes marocains, libyens, tunisiens et algériens, on est la chaîne satellitaire numéro 1. Ce qui est clair, c'est qu'on bat la LBC, la MBC, Al Jazeera. Il n'existe aucune chaîne qui reste tout le temps première. Même TF1 en France souffre lorsque de bons matches sont diffusés sur M6. Globalement, Nessma TV est la chaîne numéro 2 ou 3 dans les trois pays maghrébins. Nous sommes bien placés en Libye. Les Libyens lisent les sous-titres et comprennent le dialecte tunisien. Ils se plaignent de leur faible présence à l'antenne. Nous ne sommes pas la chaîne de l'UMA, nous sommes une chaîne commerciale.
Un jour où on aura plus de sponsors libyens, on fera plus d'efforts. Des sponsors sont déjà intéressés et bientôt il y aura un opérateur de téléphonie mobile et des industriels du gaz qui vont sponsoriser certains programmes. Au Maroc, nous faisons dans les 10%. Autant parler d'un exploit dans un marché concurrentiel et installé. On bat de loin Medi 1 Sat. La chaîne 2M est la plus moderne du Maghreb et il y a El Oula (RTM). On ne doit pas oublier que nous ne sommes qu'un bébé. Quand je me suis assis avec Berlusconi, il m'avait dit : « Si tu arrives à faire 20% audience au bout de trois ans, tu es un génie. Au bout de cinq, c'est normal. » Nous sommes aujourd'hui en train de les faire au bout de quatre mois...

Nessma TV se présente comme une chaîne généraliste, mais elle est surtout dans le segment divertissement. Il y a peu de place pour l'information. Pourquoi ?

Il faut avoir les épaules solides pour faire de l'information. Nessma TV ne peut s'aligner sur des monstres de l'info tels que Al Jazeera ou France24. On fera peut-être de l'information de proximité différente. L'information coûte beaucoup d'argent. Sur le plan commercial, cela n'apporte rien, sauf de l'influence. Mais l'influence, on peut l'avoir aussi avec l'entertainment. Lorsque vous faites un show avec Belloumi qui parle de l'équipe d'Algérie, vous avez une audience qui fait dix fois celle d'Al Jazeera.

N'existe-t-il pas des contraintes pour traiter des informations ?

Dans notre licence, nous avons droit de diffuser des informations. Nous voulons y aller à notre rythme. Le talk show Ness Nessma sera bientôt quotidien et va donc coller à l'actualité avec une revue de presse, une rubrique sur internet, un zapping, une revue culturelle. L'information est présentée sous un autre angle. Ness Nessma va désormais coller à un événement. L'émission de ce vendredi va aborder le thème de la lutte contre le sida. Le jour où on se lancera dans les news, cela se fera avec des journaux de 7 minutes, avec un jeune présentateur portant un jean's. Il n'y aura pas de JT de 30 minutes. D'autres chaînes le font mieux que nous. Nous avons acheté le format Envoyé spécial ; Nous reprenons des épisodes déjà diffusés en France ou des reportages diffusés au Moyen-Orient. Le taux de pénétration de France2 au Maghreb ne dépasse pas les 3%. Donc les gens n'ont pas vu ces reportages. Nous allons travailler pour produire nos propres reportages. Nous diffuserons, par exemple, une enquête par mois. Après, on va évoluer. On peut aborder des sujets comme les harraga, les télécoms, la drogue... On fera des partenariats à l'image de RTL-Le Monde, on peut faire par exemple des émissions en Algérie en collaboration avec El Watan ou avec El Khabar. Idem pour la Tunisie ou le Maroc. Il faut répondre à plusieurs demandes.

Après son lancement, Nessma TV a connu une période de flottement. Quelle en est la raison ?


La télé coûte de l'argent. A notre lancement, des actionnaires kowétiens, les mêmes qui possédaient Wataniya à l'époque, étaient avec nous. Ils ont quitté le projet au milieu de la route. On s'est retrouvés sans tour de table. Nous avons mis à profit cette période pour chercher d'autres partenaires. Nous avons réussi à convaincre deux gros groupes mondiaux, dont celui de Tarek Ben Ammar, un grand producteur tunisien de cinéma et également l'Italien Mediaset, leader européen de la télévision commerciale, propriété de Silvio Berlusconi. Ce groupe est numéro1 en Espagne avec Télé Cinco et en Italie. Actuellement, les frères Nebil et Ghazi Karoui sont propriétaires à 50% de Nessma TV, Tarek Ben Ammar détient 25% et Médiaset 25%.

Pourquoi n'avez-vous pas cherché un groupe algérien, marocain ou libyen ?

Je ne cherchais pas que de l'argent. Quel groupe de télévision algérien, marocain ou libyen je pouvais trouver ? Nous voulons joindre à nous des industriels pour qu'ils nous donnent et l'argent et les moyens de bâtir une télé de qualité. Il ne s'agissait pas de traiter avec des banquiers qui vous donnent de l'argent mais qui ne savent pas ce que vous faites. Nous avons signé des accords avec une holding des Emirats arabes unis et au dernier moment celle-ci s'est retirée. On l'a échappé belle ! Avec cette crise que connaît Dubaï... Nous faisons de la télé, mais c'est toujours agréable d'avoir de l'expérience dans la technique, dans l'achat des programmes... Se mettre avec Mediaset pour acheter des programmes nous coûte moins cher.
Auparavant, il n'y avait aucune chaîne qui pouvait avoir cette dimension. Avant que nous commencions à en parler, en 2007, le concept Maghreb n'était pas sexy. Le Maghreb n'existait que dans nos c½urs. On ne pouvait pas le matérialiser. Nous avons même reculé par rapport aux années 1960-1970. A l'époque, il y avait des festivals de cinéma maghrébins, un mouvement de va-et-vient entre Maghrébins... Depuis, il n'y a rien. Les échanges sont limités : Mami et Khaled viennent en Tunisie de temps en temps ou Saber Rebaï visite l'Algérie. Nous sommes un seul peuple, un seul rêve, une force de 80 millions de personnes, un grand marché si l'on se met ensemble, notre voix peut porter loin et notre slogan est « la charkiya, la gharbiya, maghrébia ! » (ni orientale ni occidentale, maghrébine !)

La Star'Ac 2, qui devait être lancée en décembre, a été reportée à mars 2010. Pourquoi ?

Nous sommes prêts à lancer l'émission. Nous allons avoir un beau plateau de variétés, à Hammamet, de 1000 m2. Le casting a été fait mais nous avons eu des demandes de participation de la Libye et de la Mauritanie. Nous voulons également ouvrir la participation à des Maghrébins d'ailleurs, au-delà de la France. Nous avons remarqué également que la Coupe d'Afrique de football commence en janvier 2010. Nous voulions nous concentrer sur cet événement car la Star'Ac pouvait absorber toute notre énergie. Nous avons donc décidé de mettre la Star'Ac entre la CAN et le Mondial pour bien assurer les trois événements. Ce n'est pas lié au marché publicitaire. La Tunisie, de toute façon, ne représente que 20% de nos recettes publicitaires... Nous avons des sponsors libyens, tunisiens et marocains pour la Star'Ac. Nous avons un gros sponsor algérien. Nous allons bientôt signer l'accord. Pour les annonceurs, Nessma TV est devenue une réalité. Les choses ont beaucoup changé en cinq mois. Une émission comme Star'Ac coûte des millions de dollars. Une grille des programmes de l'ENTV, par exemple, peut coûter jusqu'à 20 millions de dollars. La Star'Ac dure quatre mois. Quatre mois de programmation sur une chaîne, cela doit exiger un énorme effort financier. Je ne peux pas vous donner le chiffre car je suis tenu par un contrat avec Endemol pour des considérations liées à la concurrence.

Selon une étude réalisée en Tunisie, Hannibal, votre concurrent, attire presque 40% du marché publicitaire...

Oui, Hannibal a quatre ans d'existence. Si elle n'était pas mieux que nous dans ce domaine, c'est qu'il y aurait un problème. Si au bout de quatre mois, j'arrive à décaler Hannibal, on devra me mettre dans le Guiness Book. Nessma TV n'a pas encore d'histoire. Les annonceurs viennent parce qu'ils nous trouvent sympathiques. Il faut donc qu'on crée nos antécédents dans la réussite et l'audience. Une fois installée, Nessma TV peut vendre des espaces. Les annonceurs attendent votre réussite avant de venir.

Le marché publicitaire algérien n'est-il pas une cible pour vous ?

La semaine écoulée, j'étais au Maroc, on m'a posé la même question. Le Maroc est le plus gros marché publicitaire. Notre cible est simple : on veut prendre 15% du marché publicitaire maghrébin, 15% dans chaque pays. Ce n'est pas beaucoup. On ne va pas déranger les autres ni prendre leur place. On n'a pas encore les 15% en Algérie. C'est impossible après quatre mois. Nous avons un business plan et on prendra le temps qu'il faut. Cela va venir au bout d'un an (...) Dans un mois, on sera sur Hotbird. On monte avec une programmation différente vers les Maghrébins d'Europe. On ne compte pas devenir une chaîne payante. Il n'y a pas d'avenir pour les chaînes payantes dans nos pays. Vous l'avez d'ailleurs constaté avec les ratages de Canal+ et de TPS.

Envisagez-vous l'ouverture de bureaux à Alger ?

Nous avons déjà les bureaux du groupe de Karoui & Karoui mais nous attendons toujours notre accréditation. Nous fonctionnons actuellement comme une boîte de production mais pas comme une télévision. Une dizaine de personnes travaillent chez Nessma TV à Alger. Lorsque nous aurons notre accréditation, nous allons recruter des journalistes pour nous lancer dans la production. Nous avons déjà un grand bureau au Maroc, mais pas encore en Libye. Au Maroc, nous avons facilement eu l'accréditation.

Le feuilleton House of Saddam a suscité la polémique en Tunisie. Pourquoi ?

Cette série n'a pas posé de problème en Algérie. Nous avons été poursuivis en justice, mais les plaignants ont perdu le procès. C'est une histoire de liberté d'expression. Nessma TV est un diffuseur et nous avons acheté une fiction. House of Saddam n'est pas un documentaire. Il y a des gens qui ont fait leurs fonds de commerce de l'Irak autant que certains journaux arabophones. On a même fait la une des journaux : « La série qui dérange ». Cela nous a fait une belle pub. C'était une polémique extraordinaire pour nous. Il y a eu des débats sur d'autres chaînes. En janvier, nous allons réunir les pour et les contre dans un tableau et rediffuser les quatre épisodes en intégralité. Il y aura la nuit House of Saddam ! L'autre feuilleton, Houdoue Nessbi, qui a eu un grand succès dans le monde arabe, sera également rediffusé à partir de la fin décembre en prime time.
Ce feuilleton donne les points de vue des Arabes et des Américains sur l'invasion de l'Irak. Les téléspectateurs sont adultes, à eux de choisir. Nous avons un comité qui sélectionne des films ou des séries en fonction des goûts de la région. Lorsqu'on estime qu'un film ne marchera pas, on l'achète pas. On m'a proposé un sitcom algérien. Je vais le regarder, si c'est bon pour la chaîne, je le diffuserai.

Allez-vous vers des coproductions avec des chaînes maghrébines ? Et qu'en est-il de la production musicale ?

Pourquoi pas ! O.K. pour les coproductions, mais cela ne sert à rien de diffuser les feuilletons en même temps. Je préfère à ce moment la coproduction avec des Européens ou des Moyen-Orientaux pour avoir l'exclusivité de la diffusion sur le Maghreb. A l'origine, le groupe Karoui avait un label musical. On s'est vite aperçu qu'il n'existe pas de marché. Une fois que tout est gravé, le produit est piraté. En Europe, 60% de la musique diffusée dans les clubs ou par les radios est mondiale, le reste est locale. Dans les discothèques et radios maghrébines, 80% de la musique diffusée est internationale, le reste est soit libanais ou égyptien. L'Algérie est un cas à part, vu la production musicale que vous avez et, encore, cela dépend des régions. Parfois, la qualité de la production n'est pas bonne. Mon rêve est que d'ici deux ans, on réinvente la musique maghrébine. On prend des chansons telles que Chihlet Lâayani, on la refait de sorte à ce que les gens puissent danser dessus comme un hit. Cette musique va devenir mondiale grâce à Nessma. Cela va nous donner de l'influence. Si l'on fait 150 à 200 chansons par an, on aura gagné ! J'ai signé avec Safy Boutella et nous allons acheter les droits d'auteur. Nous avons contacté l'ONDA pour les 40 chansons qui seront utilisées dans la Star'Ac. Nous allons signer un accord-cadre pour être tranquille. On fera la même chose au Maroc et en Tunisie. Nous avons en projet le lancement d'une radio. On fera peut-être une NRJ Maghreb, par exemple...

Comment allez-vous couvrir la Coupe d'Afrique et le Mondial ?

Nous n'avons pas les moyens d'acheter des matchs complets. Nous allons acheter les high lights (meilleurs moments) des matchs. On va organiser des plateaux quotidiens dans lesquels ont refera le match avec des spécialistes. Nous faisons du foot spectacle. Nous ne voulons pas attirer uniquement les hommes, mais toute la famille. Nous allons envoyer des équipes en Angola pour suivre les équipes algérienne et tunisienne. En Coupe du monde, une équipe se chargera de suivre les Verts.


Par Fayçal Métaoui
Publié par El Watan le 3/12/2009


http://www.elwatan.com/Nebil-Keroui-Directeur-general-de
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# Posté le jeudi 03 décembre 2009 12:52

AHLAM MOSTEGHANMI HONORE POUR LA PREMIERE FOIS EN ALGERIE

 AHLAM MOSTEGHANMI HONORE POUR LA PREMIERE FOIS EN ALGERIE

“Mettre les médailles sur les poitrines, pas sur les tombes”

Couronne royale pour la romancière algérienne Ahlem Mosteghanmi après des années de mépris. Lundi soir, lors d'un dîner-galas à l'hôtel El Aurassi à Alger, l'auteure du célèbre “Chaos des sens” a été honorée par la première fois dans son pays. Khalida Toumi a reconnu implicitement l'immense injustice commise à l'encontre de l'écrivaine qui vit au Liban depuis trente ans. “Je suis heureuse d'être la première ministre de la Culture de l'Algérie à vous honorer dans votre pays. Vous êtres la reine du roman arabe. Même si l'hommage que nous vous rendons est tardif, mais il aura un effet certain sur votre coeur”, a-t-elle déclaré. Khalida Toumi n'a pas hésité à s'adresser à Ahlam Mosteghanemi en terme de “Sa majesté” et à évoquer la mémoire de son père le moudjahid Mohamed Chérif. “Je sais que Ahlam Mosteghanemi, qui reçu beaucoup de distinctions, attendait depuis longtemps la reconnaissance des siens. C'est qu'elle est restée algérienne jusqu'à la moelle. Et ce que cet hommage modeste que nous lui rendons ne sera pas passager. C'est l'hommage du pays à la fille du pays”, a ajouté la ministre de la Culture. Selon elle, Ahlem Mosteghanmi a redonné au roman arabe tout son éclat. Elle a qualifié l'auteure de “Mensonges d'un poisson” de cas littéraire rare et d'écrivain de génie. “La beauté des mots se mélangent à l'imaginaire réaliste qui met en valeur le sens de la patrie. Son style est agréable, facile et difficile à la fois, fusion cohérente entre poésie et écrit littéraire sans frontières, touches magiques qui appellent à relire à chaque fois ses textes”, a souligné Khalida Toumi. “Tawahechtkoum” ! (Vous m'avez manqué)”, a lancé Ahlem Mosteghanemi disant qu'elle vivait un moment historique. Elle a avoué avoir eu beaucoup de difficultés à apprendre le dialecte libanais. “Le dialecte algérien m'envahit. J'ai pris dans ma valise les chansons de Deriassa, de Fergani, de Saloua, des skecth de Boubagra et de Moh Bab El Oued. Mais aussi des des chants patriotiques qui faisaient à chaque fois pleurer mon père. L'Algérie m'a tant fait rire, m'a tant fait pleurer”, a-t-elle déclaré. Elle avoué avoir attendu le moment de l'hommage depuis longtemps. “J'ai mis ce soir ma meilleure robe constantinoise pour vous dire combien je vous aime. L'amour se cache dans les détails. Que le chemin pour vous était long. Trente ans pour arriver à cette tribune ! Je suis fière d'en être arrivée avec les festivités du 1 novembre”, a-t-elle dit. Elle a rappelé ses études au Lycée Aicha à Alger et à la faculté des lettres. Ahlam Mosteghanmi a fait partie de la première promotion des étudiants en langue arabe. “L'Algérie a célébré cette sortie comme un événement national. J' ai souvent dit au Moyen-Orient que les algériens maîtrisent l'arabe pas par connaissance, mais par amour. C'est le secret de la réussite des plumes algériennes. Nos écrivains ont tiré profit de l'arabe et du français pour gagner le défi”, a-t-elle dit rendant hommage à Malek Hadad, Abdelhamid Benhadouga, Kateb Yacine, Mohamed Dib, Moufdi Zakaria, Tahar Ouettar, Zhor Ounissi, Réda Houhou, Amin Zaoui, Rachid Boudjedra, Assia Djebar, Yasmina Khadra. “Prenez soin de nos écrivains. J'espère que l'Histoire inscrira ce soir que mon pays aime les écrivains autant qu'ils l'ont aimé. L'Algérie doit mettre les médailles sur les poitrines, pas sur les tombes des écrivains.Les tombes de ceux qui m'ont précédé à la gloire sont toujours nues”, a dit Ahlam Mosteghanmi appelant à conserver la dignité des écrivains. Elle a rappelé qu'à l'arrivée des troupes allemandes aux environs de Moscou en 1941, les dirigeants avaient lancé un appel pour défendre “le pays de Pouchkine et de Tolstoï”. “Les pays se reconnaissent à leurs écrivains : La Colombie de Marquez, l'Egypte de Mahfoud, La Grande Bretagne de Shakspear, La France de Hugo...”, a-t-elle relevé. “Je n'ai pas choisi mon destin. Mais, je n'ai jamais accepté de m'incliner. Je suis venue au monde debout comme l'Algérie”, a-t-elle ajouté. Ahlem Mosteghanmi a reçu un burnous et un tableau. La soirée d'hommage a été animée par la chanteuse libanaise Majeda Wahbah et par le joueur de oud irakien Saâd Mahmoud Djawad. Ahlam Mosteghanmi est venue au Salon international du livre d'Alger (SILA) avec son dernier roman Nissyan Com, qui s'est déjà vendu à 40.000 exemplaire au Moyen-Orient. Selon elle, le livre est interdit aux hommes.” Car, il contient des conseils féminins à des femmes qui ont connu le chagrin d'amour”, a-t-elle précisé. Nissyan Com (un jeu mot qui signifie “votre oubli”). Ahlam Mosteghanmi a donné son accord pour l'adaptation à la télévision de son roman, “Mémoire de la chair” (Dhakiratou al jassad). Une série télévisée qui sera diffusée par les télévisions arabes le ramadhan prochain. “Mémoire de la chair” a été réédité dix sept fois depuis 1993, fait unique dans la littérature arabe. Le roman a reçu plusieurs distinctions dont le prix Najib Mahfouz (équivalent arabe du Goncourt) de l'université américain du Caire.““Dhakiratou al jassad” m'a tourné la tête. Si quelqu'un m'avait proposé de signer cette ½uvre inondée de poésie... je n'aurai pas hésité une seule seconde”, avait dit, à propos du roman, le poète syrien Nizzar Kabbani.

Fayçal Métaoui
Publié par El Watan

http://www.mosteghanemi.com/

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# Posté le mardi 01 décembre 2009 04:30

CONFERENCE INTERNATIONALE DE PUBLIEZ CE QUE VOUS PAYEZ A MONTREAL

CONFERENCE INTERNATIONALE DE PUBLIEZ CE QUE VOUS PAYEZ A MONTREAL
“La nouvelle diplomatie” de la transparence

L'initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) est fortement soutenue par la campagne de Publiez ce que vous payez, une coalition mondiale de 350 ONG luttant contre toute forme l'opacité. La question a été abordée lors d'une conférence internationale organisée à Montréal, au Canada, du 16 au 18 novembre, par Publiez ce que vous payez (PCQVP) et par Partenariat Afrique Canada (PAC). Jonas Moberg, directeur du secrétariat de l'ITIE, a évoqué la relation forte entre PCQVP et ITIE depuis 2003. L'ITIE est venue une année après le lancement à Londres par un groupe d'ONG britanniques de Publiez ce que vous payez à l'initiative du financier américain Georges Soros, président de l'Open Society Institute. “Les membres de la coalition ont joué un rôle essentiel dans la mise en oeuvre et dans l'expansion de l'ITIE, un processus international multipartite dont l'objectif est de vérifier et publier les paiements versés par les sociétés et les revenus des gouvernements issus des secteurs miniers, pétroliers et gaziers”, a relevé l'australien Henry Parham, ancien coordonnateur international de PCQVP, dans un rapport d'évaluation préparé avec Mabel Van Oranje et présenté à la conférence. Selon lui, PCQVP a imposé la présence de la société civile au sein de l'ITIE. Jonas Moberg a relevé que l'ITIE a introduit “une nouvelle diplomatie”, celle de la transparence entre gouvernements, compagnies et société civile. “Il faut oeuvrer pour adopter l'ITIE comme une norme internationale. C'est une manière de lutter contre la corruption. Les pays du Nord doivent donner l'exemple”, a-t-il dit rappelant les différents appuis apportés à l'ITIE dans plusieurs forums. Les chefs d'Etat du G20, réunis à Pittsburg aux Etats unis en septembre 2009, ont déclaré leur soutien à “la participation volontaire” à l'ITIE qui “appelle à une divulgation publique et régulière des paiement par les industries extractives aux gouvernements”. Le G8, réuni à l'Aquila en Italie en juillet 2009, a également apporté son appui à cette initiative. “Nous continuons à soutenir l'ITIE afin d'améliorer la gouvernance et réduire la corruption dans le secteur des industries extractives”, est-il écrit dans la déclaration finale du G8. Jonas Moberg a expliqué que l'ITIE est composé d'Etats, d'entreprises, d'organisations de la société civile et des investisseurs et des institutions internationales qui oeuvrent à “améliorer la gouvernance dans les pays riches en ressources naturelles”. “Plus 3,5 milliards de personnes vivent dans des pays riches en pétrole, gaz et minerais. Avec une bonne gouvernance, l'exploitation de ces ressources peut générer des revenus importants pour promouvoir la croissance et diminuer la pauvreté”, a-t-il estimé. La Norvège, l'Australie, l'Allemagne, la Suède, l'Espagne, les Pays Bas, la France, la Finlande, les Etats Unis, la Grande Bretagne, la Belgique, le Canada sont les premiers pays a assister financièrement et techniquement l'ITIE. Avant d'adhérer à l'ITIE, un pays doit présenter sa candidature au Conseil d'administration de l'initiative. Une fois le statut de candidat obtenu, le pays dispose de deux ans pour être validé en tant que pays conforme. Il doit remplir plusieurs conditions. Actuellement, 28 Etats sont candidats dont vingt pays africains. Des décisions sur leur conformité sont attendus pour mars 2010. L'Azerbaidjan et le Libéria sont le seuls pays conformes. L'engagement de la présidente Ellen Johnson Sirleaf qui pris en main un pays dévasté par quinze ans de guerre civile a commencé à donné ses fruits. Une loi adopté en juillet 2009 oblige les agences gouvernementales libériennes et les entreprises minières et forestières à tout publier, taxes et contenus des contrats. Le Libéria est riche en diamant, or, fer et bois. L'ITIE Libéria a même utilisé le théâtre de rue pour sensibiliser la population à la nécessité d'en finir avec la corruption et imposer la transparence. Le géant indien de l'acier Arcelor Mittal est cité comme exemple pour les respect des obligations liées à l'ITIE au Libéria. Selon Nilmini Rubin, membre du comité des relations extérieures du Sénat américain, une loi sur la transparence dans l'industrie minière et pétrolière est en préparation.“Cette loi obligera toutes les entreprises à la bourse de New York, activant aux Etats Unis ou à l'étranger, de rendre publics leurs comptes et leurs résultats. Déjà 10 % des sénateurs sont favorables à ce texte. Mais, il faut mener une grande campagne pour faire passer la loi”, a-t-elle déclaré soulignant que les banques et les milieux d'affaire sont actuellement consultés sur cette loi. “Elle aura probablement l'appui du président Obama”, a souligné Nilmini Rubin. Elle a observé que Barack Obama a, dans un discours prononcé lors de sa récente visite à Pékin, a défendu les principes de la transparence. Le Canada est engagé dans le processus de l'ITIE encouragé, visiblement, par les initiatives prises par son voisin américain. 'Les sociétés canadiennes exerçant des activités à l'étranger reconnaissent l'importance de pratiques commerciales responsables et d'une réglementation transparente, fondée sur les règles de l'ITIE”, a précisé Mark Pearson, directeur des relations extérieures au ministère canadien des ressources naturelles. Selon lui, Ottawa encourage les firmes canadiennes à participer à l'ITIE et à publier les paiements qu'elles effectuent dans les pays où elles activent. Jonas Moberg a regretté le peu d'enthiousiame de l'Union européenne pour l'ITIE. “Cela est peut être dû à la faiblesse de l'activité minière en Europe”, a-t-il expliqué. En République démocratique du Congo(RDC, ex-Zaïre), beaucoup de contrats signés durant la période trouble de Laurent-Désiré Kabila, lequel avait renversé le régime de Mobutu, en 1997. “Mais une partie seulement de ces contrats ont été revus. Le gouvernement est faiblement impliqué dans le processus de l'ITIE. Ce genre d'initiatives ne peu pas fonctionner avec des autorités ouvertes au dialogue”, a estimé Jean Claude Katende, coordonnateur national de Publiez ce que vous payez RDC. Il a cité l'exemple d'arrestations ayant suivi la publication d'un rapport sur une exploitation peu conforme aux règles d'une mine d'uranium par le groupe nucléaire français AREVA. En Azerbaïdjan, les clauses de confidentialité contenues dans certains titres miniers empêchent, selon Ingilab Ahmadov, directeur de Public finance monitoring centre, l'application pleine des règles de l'ITIE. Beaucoup d'intervenants à la conférence ont appelé à supprimer les clauses secrètes dans les contrats miniers et pétroliers pour une meilleure transparence.

De notre envoyé spécial à Montréal (Canada)
Fayçal Métaoui


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Jonas Moberg, Directeur de Secrétariat de l'Initiative pour la transparance dans les industries exctractives

« Faire de l'ITIE une norme internationale »

Le Suédois Jonas Moberg est directeur du secrétariat international de l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) dont le siège est à Oslo, en Norvège. Avant de rejoindre l'ITIE, il était directeur des pratiques et politiques d'entreprise au Prince of Wales International Business Leaders Forum (IBLF), à Londres. Entre 1996 et 2002, Jonas Moberg a travaillé pour le ministère suédois des Affaires étrangères. Il est titulaire d'un master en droit de l'université de Stockholm et de la London School of Economics.


En deux mots, quel est le but de l'initiative pour la transparence dans les industries extractives (Extractive industries transparency initiative), ITIE ?

L'ITIE est un standard adopté par les gouvernements qui s'engagent à rendre publics les taxes, les bonus et les royalties versés par les compagnies minières et pétrolières. Les compagnie publient également ce qu'elles versent aux gouvernements. C'est pour, en fait, que la transparence soit réelle entre les compagnies et les Etats. Et cela encourage l'accountability. Bref, il s'agit d'une norme internationale permettant aux entreprises de publier ce qu' elles paient et aux gouvernements de divulguer leurs revenus.

Qu'en est-il de cette initiative en Afrique et en Algérie ?

L'ITIE est présent dans vingt Etats africains. Il y a d'autres demandes dans d'autres pays du continent. L'Algérie n'a encore fait aucune demande pour faire partie de l'ITIE. Nous espérons que ce pays se joigne à nous. C'est un pays vaste avec des richesses naturelles, gaz, pétrole et mines. L'adhésion de l'Algérie est importante pour l'évolution future de notre initiative.

- L'ITIE est également peu présente dans le monde arabe...

Dans le monde arabe, et pour le moment, nous avons peu de pays intéressés. Je dois dire que le monde arabe est la région où nous avons réalisé peu de succès. Quand nous avons de grands partisans de notre action dans les pays, l'implantation de l'ITIE devient plus facile. Il y a de l'intérêt en Egypte. Nous sommes déjà présents en Mauritanie et au Yémen. Ces deux pays sont candidats pour adhérer à l'ITIE. Nous souhaitons l'adhésion d'autres pays. La ligue arabe soutient fortement notre action. Mais nous n'avons pas fait beaucoup de progrès pour être plus présents comme nous l'aurions souhaité.

- Les compagnies pétrolières et minières sont-elles favorables à l'initiative ?

L'ITIE n'est pas une ONG. Nous ne dépendons pas de gouvernements ou même de l'ONU. Nous ne relevons pas du secteur privé non plus. Nous sommes un mix de tout cela. Plus de 40 entreprises pétrolières, gazières et minières participent activement au processus ITIE. Il s'agit entre autres de Petrobras (Brésil), BP (Grande Bretagne), Pemex (Mexique), Repsol YPF (Espagne), Rio Tinto (Australie), Statoil (Norvège), GDF Suez(France), Arcelor Mittal (Inde), Chevron(Etats Unis), Nippon Mining (Japon), Eni (Italie), etc. Les entreprises qui se sont engagées avec nous doivent remplir un formulaire d'auto-évaluation au niveau international. Pour soutenir l'ITIE, une entreprise doit déclarer son appui publiquement et aider à promouvoir l'initiative au niveau mondial et dans les pays où elle opère.

Pensez-vous que cette initiative puisse réussir sans démocratie ?

L'ITIE est venue en raison de problèmes liés à la gestion des revenus et de ressources dans plusieurs pays. Là où la démocratie est également un défi. Je pense que tout va ensemble. Il faut dire que L'ITIE est présent et bien implanté dans les pays à démocratie développée tels que la Norvège ou l'Australie.

Comment faire pour que l'ITIE devienne une norme internationale consensuelle ?

Nous faisons un progrès vers cette voie pour faire de l'ITIE une norme internationale. Nous avons un grand soutien de l'assemblée générale des Nations unies. Constater que les ressources naturelles ne servent pas les pays, qui en sont riches, à se développer et d'être prospères pose un véritable problème. Quand l'ITIE a été lancé, certains ont donné leur o.k dès le départ et ont dit qu'il faut ajouter cela aux mécanismes de l'ONU. D'autres ont dit que cela prendra beaucoup de temps à négocier et qu'il sera difficile de réaliser quoi que ce soit. Je crois que nous avons beaucoup à gagner à travailler sous cette forme de coalition. Peut-être que demain ITIE fera partie des mécanisme de l'ONU.


Par Fayçal Métaoui
Publiés par El Watan du 1/12/2009
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# Posté le mardi 01 décembre 2009 03:08

Conférence internationale de « Publiez Ce Que Vous Payez » à Montréal

Conférence internationale de « Publiez Ce Que Vous Payez » à Montréal
Les compagnies minières tenues de rendre des comptes

Montréal a abrité une conférence internationale de la coalition « Publiez ce que vous payez » sur la transparence dans les activités minières et pétrolières. Des acteurs de la société civile, venus de 50 pays, ont débattu de la meilleure manière d'obliger les gouvernements à rendre des comptes sur les profits tirés de ces activités.
La communauté internationale s'intéresse de plus en plus à la transparence dans les industries d'extraction et dans les finances publiques. Cet intérêt est encore invisible en Afrique du Nord mais ce n'est pas le cas pour le reste du continent. Montréal a abrité, du 16 au 18 novembre 2009, une conférence internationale de « Publiez ce que vous payez » (Pcqvp), (Publish what you pay) (en anglais), une coalition de 350 ONG menant une campagne internationale pour la transparence et la redevabilité dans les industries gazière, pétrolière et minière. Organisée par Partenariat Afrique- Canada, Pcqvp Canada et Pcqvp International, la conférence a accueilli les délégués d'une cinquantaine de pays. Le monde arabe n'était représenté que par l'Algérie et le Yémen. Rien à voir avec le continent africain présent avec 25 pays. Radhika Sarin de Pcqvp International a, à l'ouverture de la conférence, plaidé pour un véritable mouvement de transparence mondiale. « Nous avons choisi de nous réunir au Canada car ce pays possède de grandes entreprises activant dans le secteur minier », a-t-elle précisé. A la bourse de Toronto, plus de 1000 entreprises minières sont enregistrées. Ces sociétés détiennent des intérêts dans plus de 8000 propriétés d'exploration et des projets miniers dans 100 pays, ce qui constitue 40% des activités d'exploration minière dans le monde. Malgré cela, « Publiez ce que vous payez » n'a été lancé au Canada qu'en 2008 après des pressions d'ONG. Un rapport parlementaire a contraint le gouvernement d'Ottawa de mettre un plan sur la « Responsabilité sociale des entreprises » (RSE). Ceci implique les firmes qui activent autant à l'étranger que dans les provinces canadiennes où cohabitent 633 communautés autochtones, appelées « premières nations ».
Glenn Nolan de la communauté des Missanabie Cree, qui vit autour des lacs Missinaibi, Dog et Wabatongushi, a, après une prière dite en sa langue natale, précisé qu'il y a 40 ans, les habitants autochtones étaient complètement mis à l'écart dans l'exploitation des richesses naturelles de leurs régions. « Mais depuis le début des années 1990, les communautés sont impliquées dans toute décision relative aux industries d'extraction. On leur demande leur autorisation avant l'utilisation des terres », a indiqué Glenn Nolan. Les communautés se sont regroupées dans plusieurs ONG dont la Boreal prospectors association pour défendre leurs intérêts. Paul Wilkinson, de la New Millenium Capital, a passé plus de 30 ans à négocier avec les « premières nations » pour permettre à son entreprise d'exploiter des mines au Grand Nord canadien autour de Schefferville. Selon lui, ces « nations » profitent à 20% de tous les projets engagés par l'entreprise. Il a cité l'exemple des Naskapis qui vivent dans la région du Labrador. « Nous avons engagé des programmes de formation et d'aide sociale en faveur de ces communautés », a-t-il relevé. Les Naskapis ont exigé à ce que les activités de la Millenium ne gênent pas la vie naturelle du caribou. Cependant, le respect de l'environnement n'est pas « le fort » de certaines entreprises canadiennes. Matilda Koma, directrice du Centre pour les recherches environnementales de Papouasie Nouvelle-Guinée, a accusé ouvertement la firme canadienne Placer Dome, qui exploite la mine d'or de Porgera, d'avoir pollué les rivières. Selon elle, plus de 18.000 tonnes de déchets ont été jetés dans les cours d'eau de l'île. « La population locale ne tire profit qu'à 2,5% de l'exploitation de ces mines. Les entreprises canadiennes appliquent d'autres normes à l'étranger. Elles devraient avoir honte », a lancé Matilda Koma. Elle a exprimé des craintes sur l'éventuelle pollution du Pacifique par une plateforme pétrolière. Carlos Rojas-Arbulu, responsable du RSE au ministère canadien des Affaires étrangères et du Commerce, a expliqué que les firmes canadiennes sont tenues de respecter les pratiques exemplaires, défendues par les directives de l'Organisation de coopération et du développement économique (OCDE), adressées aux multinationales. Selon lui, les firmes sont obligées de dialoguer avec les populations locales avant de lancer des projets d'exploitation minière ou pétrolière. Modérant le débat, Alex Neve, de Amnesty international Canada, a appelé à l'élaboration d'une loi pour mettre en avant les droits des mineurs dans les activités minières. Les droits humains, selon Jean Claude Katende de la coalition de Pcqvp de la République démocratique du Congo (RDC), ne sont pas respectés par les sociétés minières qui activent au Katanga, une province qui fait dix fois la superficie de la Suisse. Le Katanga est riche en cobalt, en cuivre, en uranium et en diamant. « Les entreprises minières canadiennes ont déplacé les populations du Katanga sans aucune compensation et ont licencié des ouvriers en violation de toutes les législations. Nous avons été déçus par « Point de contact Canada » qui n'a rien pu faire », a expliqué Jean Claude Katende. Selon Carlos Rojas-Arbulu, les représentations diplomatiques canadiennes doivent rendre des comptes sur tout versement illégal de pots-de-vin par des firmes canadiennes à l'étranger. Le dernier classement de Transparency international, sur l'indice de perception de la corruption, a classé le Canada à la 8e position mondiale. Place partagée avec l'Islande. Ousmane Dème de Pcqvp Canada a estimé nécessaire une meilleure coordination entre les différents acteurs de la société civile, des agences gouvernementales et des opérateurs économiques privés pour lutter contre toute forme d'opacité dans les industries d'extraction. « Les citoyens ont le droit de savoir », a lancé Alexandre Trudeau, membre de Partenariat Afrique-Canada qui a réalisé plusieurs documentaires en Irak, en ex-Yougoslavie et au Libéria. Les participants à la conférence de Montréal ont débattu un projet de charte sur les ressources naturelles et sur l'Initiative sur la transparence des industries extractives (ITIE). Nous y reviendrons. A noter enfin, que « Publiez ce que vous payez » a été lancée la première fois en 2002 par le financier américain George Soros, président de l'Open Society Institute et par des ONG basées en Grande Bretagne.

Montréal (Canada). De notre envoyé spécial
Par Fayçal Métaoui

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JOSEPH WILLIAMS, RESPONSABLE DE LA COMMUNICATION DE “PUBLIEZ CE QUE VOUS PAYER”
“Une campagne globale pour la transparence”

Propos recueillis par
Fayçal Métaoui

Pouvez vous expliquer brièvement l'action de Publiez ce que vous payez dans le monde ?

Publiez ce que vous payez est une campagne globale impliquant 350 organisations militant pour les droits humains, la défense de l'environnement ou l'accès à l'information. Des associations proches de l'Eglise y sont également membres . Notre but est de permettre aux citoyens des pays riches en ressources naturelles de profiter de ces richesses. Souvent les élites et les gouvernements recoivent cet argent mais les bienfaits ne retombent pas sur les populations. C'est une campagne de transparence au niveau des contrats, voir si ces accords entre les compagnies pétrolières, gazières et minières et les gouvernements profitent réellement aux pays. On demande à ce qu'on publie ce qui est payé, c'est à dire publier tous les taxes et bonus versés par les firmes. On demande au gouvernement de rendre publics tout ce qu'ils reçoivent de ces compagnies de cette manière les citoyens peuvent dire : notre Etat a reçu deux milliards de dollars de taxes mais qu'a-t-il fait des hôpitaux et écoles qu'il a promis de construire...

Les citoyens peuvent donc réclamer leurs droits

Exactement. On demande donc la transparence dans la distribution de l'argent. C'est important. Publiez ce que vous payer n'est pas une organisation. Il s'agit d'une coalition. Pour y adhérer, il faut simplement visiter notre site internet et remplir le formulaire. Dans 51 pays, des coalitions nationales activent. Dans 20 autres pays, il y a au moins une organisation qui est intéressée par notre travail. On peut dire que nous sommes présents dans 70 pays. Une dizaine de donateurs qui nous aident à l'échelle internationale comme Global Witness, Revenue Watch Institute, les grandes agences de développement. Les financements des gouvernements ne peuvent pas avoir de l'influence car les Etats du Nord sont favorable avec cette idée de transparence dans les industries extractives...

Pourquoi Publiez ce que vous payez est absent en Afrique du nord et au Moyen Orient?

Notre campagne avance bien quand l'espace politique le permet, lorsqu'il y a plus de démocratie. Publiez ce que vous payez n'est présent ni en Afrique du nord ni dans les pays pétroliers du Moyen-Orient. La campagne réussit dans les pays où il existe une demande citoyenne pour la transparence. Nous n'avons pas entendu cette demande dans cette région du monde. Lorsque cela se fera, nous serons là avec notre connaissance et avec notre capacité d'organisation avec les bailleurs de fonds. On peut donner les outils nécessaires aux organisations pour activer dans ce domaine et faire avancer les choses. Vous avez remarqué que durant la conférence de Montréal, nous avons beaucoup parlé de l'Initiative sur la Transparence des Industries Extractives (ITIE). Dans chaque pays qui adhère à l'ITIE, cela donne un espace à la société civile locale d'agir dans le domaine de la transparence. Si des pays de l'Afrique du nord y adhère, cela donne obligatoirement l'occasion aux organisations de travailler sur ces thèmes. L'ITIE est un outil à saisir...

Publiez ce que vous payez n'est pas présente en Chine et en Russie également. Pourquoi ?

Il n'existe pas encore d'espace pour ce genre d'action dans ces pays. En Chine, seules les ONG écologiques peuvent activer. Cela devient difficile si vous commencez à parler des droits humains, de la transparence, à demander des comptes aux autorités sur les biens de l'Etat...Pour le moment, les choses n'évoluent pas en Chine. De même pour la Russie en raison de considérations similaires. Mais, on continue à se battre pour pouvoir travailler, un jour, dans ces pays
Vous allez engager un plan de communication. Qu'en est-il extactement ?

On veut amplifier les voix qui travaillent dans le domaine de la transparence. Notre site web (http://www.publishwhatyoupay.org) offre un espace à toutes ces voix dans tous les pays. Les coalitions nationales de Publiez ce que vous payer peuvent avoir leurs pages sur ce site. Notre bureau international a des bons contacts avec plusieurs journaux et nous avons une idée sur la manière de présenter à l'opinion publique nos actions.
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F.M
Publié par El Watan
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# Posté le mardi 24 novembre 2009 06:33

Modifié le mardi 01 décembre 2009 03:31

Pertinente analyse de Ali Harb sur la modernité dans le monde arabe

Pertinente analyse de Ali Harb sur la modernité dans le monde arabe
Ali Harb (Philosophe libanais) :
« La panne est dans les idées »


Pourquoi les modernistes arabes sont-ils en panne d'idées ?

Les modernistes parlent de la crise de la modernité dans le monde arabe. Ils reprochent toujours aux autres d'en être la cause. La crise de la modernité se situe dans la pensée et la vision des modernistes eux-mêmes. La société arabe se modernise par elle-même dans tous les secteurs : entreprises, banques, bâtiments, télévision, presse... sans théorie. Ceux qui ont perdu le pari sont les gens de la modernisation. Ils ont échoué parce qu'ils se sont comportés avec la modernité comme s'il s'agissait d'une religion. Ils l'ont sacralisée comme les traditionalistes l'ont fait pour le Texte. C'est la principale faillite. Ils ont transformé les concepts de démocratie, de rationalité et de liberté en une religion moderne et nouvelle. Les modernistes autant que les traditionalistes ont échoué. Les deux puisent leurs ressources dans une pensée unique, sélective, fermée, absolue et agressive. Le bilan est là : les modernistes sont à la marge.

Mais est-ce à dire que le fondamentalisme a réussi ?

Non. Le fondamentalisme est venu pour se venger des acquis de la modernité. Il a failli abattre ces quelques acquis modernes des sociétés arabes. Pour moi, en tant que philosophe, la panne est dans les concepts, dans les idées, dans les théories. Il est important de revoir la manière de traiter avec la modernité. Cela doit se faire avec un esprit ouvert, un esprit synthétique, avec une logique créative. La devise idéologique utilisée autant par les modernistes que par les fondamentalistes a fait d'eux des dinosaures conceptuels et des dragons terroristes. Les deux groupes donnent priorité au Texte, à la fetwa, à la chariaâ, au zaïm, au guide au détriment de l'Etat, des lois, de l'intérêt public et de la vie commune. Pour moi, c'est le mal supérieur. Mal qui détruit les sociétés arabes. Le zaïm passe avant l'intérêt public. L'imam passe avant l'intérêt national. Le hidjab passe avant l'Etat et la République...

Quelle est l'importance de l'½il critique dans la société ?

L'intérêt public doit être prioritaire. Même s'il se sent sacré, un homme ne peut pas passer avant cela. Nous sommes inférieurs à notre relation avec la vertu, la vérité, la liberté et la justice. Tant qu'il n'existe pas d'institutions qui contrôlent et surveillent ce que font les puissants, l'homme aura tendance à sortir des sentiers. En Occident, l'½il critique résiste. Regardez ce qui s'est passé en France avec l'affaire du fils du président Sarkozy. S'il n'y avait pas cette résistance, il aurait placé son fils là où il voulait. Dans le soufisme, il y a plaidoyer pour le contrôle et la remise en cause. La critique du soufisme dans la pensée islamique est plus moderne mais plus dramatique aussi. Ibn Arabi dit que « l'illusion est maître de l'esprit ». Cela veut dire que l'esprit n'est pas à la base mais l'illusion. Comment peut-on expliquer l'actuelle crise économique mondiale ? Et comment une crise éclate alors qu'il y a des millions de cerveaux qui réfléchissent et qui planifient et des ordinateurs qui travaillent sur tout ? Le moderniste qui démarre d'une logique religieuse ne peut pas développer la critique. Dans la réflexion de Nietsche, il y a le slogan de l'être supérieur. J'ai critiqué cette théorie parce que ce slogan a détruit Niestche et l'a mené droit vers la folie. L'homme n'est pas supérieur, surtout les intellectuels. Un conducteur qui respecte le code de la route a plus de considération qu'un charlatan à la télévision...

Et quelle appréciation faites-vous de ce Salon du livre ?

C'est la deuxième fois que je viens en Algérie. Ce Salon est un espace d'échanges et un lieu de rencontres entre tous ceux qui participent à la confection des livres, auteurs, éditeurs et lecteurs. Le ministère de la Culture a toujours un rôle à jouer. Dans le monde arabe, les Salons du livre ont pris une dimension internationale. Les statistiques de cette organisations relèvent que le niveau de lecture est faible dans les pays arabes. Je commence à douter de ces chiffres. L'affluence du public arabe dans les Salons et foires du livre est toujours aussi grande. Il y a des lecteurs et et il y a des producteurs dans les domaines de la littérature et de la poésie. Des auteurs arabes ont dépassé les frontières de leur région et sont connus à travers le monde. Je ne dis pas que nous avons atteint le niveau de certains pays comme le Japon ou la France, mais, il faut revoir les statistiques.


Par Fayçal Métaoui
Publié par El Watan du 2 novembre 2009
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# Posté le dimanche 01 novembre 2009 13:46