Succès des journaux d'expression arabe en Algrie, selon Jeune Afrique

Algérie Terrorisme, religion, scandales, mais aussi infos de proximité et faits divers... Telle est la recette du succès foudroyant des journaux d'expression arabe. Enquête.

Presse people : en arabe dans le texte

L'Algérie est de moins en moins francophone. Plus de 75 % des 2,4 millions de quotidiens imprimés sont rédigés dans la langue du Coran. Avec ses 800 000 exemplaires, Echourouk est même devenu le premier tirage du monde arabe. Ce quotidien, qui avait entamé sa jeune carrière en investissant le créneau people et faits divers, est aujourd'hui le seul titre de la presse privée à s'afficher sur les panneaux publicitaires des stades de foot de l'Algérie profonde, ou à sponsoriser des événements culturels d'importance. La presse arabophone privilégie l'info de proximité à l'analyse. Ce qui explique son succès auprès d'un lectorat populaire. L'augmentation exponentielle du tirage d'Echourouk a coïncidé avec une évolution, au milieu des années 1990, de sa ligne éditoriale : moins de « chiens écrasés », plus d'informations sécuritaires. La recette fait mouche et séduit des lecteurs peu portés sur les réflexions du plus brillant universitaire, créneau habituel de la presse francophone. Mais le recul de cette dernière n'est pas une bonne nouvelle pour tout le monde. De par leur formation et les sources qui les alimentent, les journalistes de la presse arabophone sont plus proches des milieux conservateurs. Et s'engouffrent parfois dans des combats d'arrière-garde, voire dans le sensationnalisme : dire de la Kabylie qu'elle est en voie d'évangélisation massive après quelques conversions, monter en épingle un fantomatique péril chiite ou agiter le spectre, aussi vieux que le parti unique, du hizb frança (le parti de la France) dès qu'il est question de moderniser le pays et ses institutions. En Algérie comme ailleurs, les titres populaires à grand tirage ne s'embarrassent pas toujours de scrupules...
Cherif Ouazani
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Le ramadan n'a pas freiné l'appétit des responsables d'Echourouk. Au cours de la première quinzaine du mois sacré, les responsables du quotidien arabophone ont annoncé un tirage de 800 000 exemplaires par jour. S'il est difficile de connaître le taux d'invendus, dans la mesure où il n'existe aucun organisme de contrôle, ce chiffre est tout de même une grande performance. « C'est un record en Algérie et dans le monde arabe, affirme fièrement Mohamed Yacoubi, 35 ans, rédacteur en chef du journal. Même le prestigieux quotidien égyptien Al-Ahram n'atteint pas ce chiffre. » Devenu le premier quotidien algérien, Echourouk, créé en novembre 2000, illustre aujourd'hui le boom de la presse arabophone.
On croyait les Algériens plutôt attirés par la presse francophone ; les chiffres disent le contraire. On pensait que les journaux francophones étaient dominateurs et conquérants ; on découvre que leurs confrères d'expression arabe leurs ont taillé des croupières. Les chiffres, d'abord. Au lendemain de la libéralisation du champ médiatique, décidée en mars 1990 par le gouvernement du réformateur Mouloud Hamrouche, le pays comptait une cinquantaine de titres, toutes langues confondues. Désormais, on en dénombre plus de 300, dont 56 % appartiennent à des groupes privés, selon des chiffres officiels communiqués en 2009 par le secrétariat d'État chargé de la Communication. Chaque jour, y compris le week-end (vendredi et samedi), pas moins de 79 quotidiens sortent des imprimeries pour un tirage de 2,4 millions d'exemplaires. Sur les cinq titres qui caracolent en tête des meilleures ventes, on retrouve trois quotidiens arabophones : Echourouk, El-Khabar (470 000 exemplaires) et Ennahar (350 000). Les trois principaux quotidiens francophones, Le Quotidien d'Oran, El-Watan et Liberté, tirent respectivement à 160 000, 150 000 et 115 000 exemplaires. « Ce n'est pas une évolution, c'est une révolution », tranche Fayçal Mettaoui, journaliste à El-Watan et collaborateur à El-Khabar Hebdo, le supplément en arabe édité par la SPA El-Khabar.
Comment un quotidien lancé il y a neuf ans est-il parvenu à damer le pion à des confrères qui affichent vingt ans d'expérience ? La réussite, Echourouk la doit à sa ligne éditoriale. « Notre devise est la défense des constantes nationales : l'arabe, l'islam et l'amazighité », explique Mohamed Yacoubi. Derrière ce triptyque se cache une redoutable stratégie de conquête du lectorat qui repose sur le traitement de trois thèmes majeurs : le terrorisme, la religion et les affaires. Dans un pays qui subit encore les affres du terrorisme, l'information sécuritaire demeure un sujet de prédilection pour les journaux. De ce côté-là, les lecteurs d'Echourouk sont copieusement servis. Reportages dans les maquis ou dans les milieux islamistes, confessions de repentis, entretiens avec d'anciens émirs des ex-GIA (Groupes islamiques armés) ou de l'ex-GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat), scoops ou confidences recueillis grâce à « des sources autorisées », il ne se passe pas un jour sans que ce quotidien ne monte en épingle, souvent à la Une, une information touchant au domaine sécuritaire. « C'est l'un des ingrédients qui a permis à Echourouk de prospérer », estime Zineb Ben Zita, ancienne journaliste à El-Khabar. Les responsables en abusent-ils ? « Nos lecteurs sont friands de sujets liés à la sécurité, nuance Yacoubi. Avec nous, ils n'en sont pas privés d'autant que nous avons les meilleurs journalistes spécialisés en la matière. »
L'autre ingrédient reste la religion. Bien sûr, des confrères accusent Echourouk de verser dans le populisme, ou encore de surfer sur le regain de religiosité, mais la rédaction en chef assume ce choix éditorial. « Nous faisons intervenir des imams, des oulémas, des muftis, des spécialistes algériens et orientaux pour traiter toutes les questions liées à l'islam, poursuit Yacoubi. Notre credo est d'informer, mais aussi d'expliquer et de vulgariser la religion musulmane, dont de nombreux aspects demeurent encore inconnus du grand public algérien. » Le quotidien s'offre même le luxe d'éditer un supplément religieux le vendredi, premier jour de week-end en Algérie
Troisième ingrédient dont Echourouk fait ses choux gras : les affaires de corruption et les scandales financiers. Régulièrement, le quotidien n'hésite pas à épingler ministres, cadres de l'Etat, élus ou dirigeants de banques et de grosses entreprises soupçonnés de dépassements, d'abus ou de malversations. « Nous ne sommes pas des Zorro, mais le devoir d'un grand journal comme le notre est d'être à la pointe du combat contre la corruption », se justifie Yacoubi. Un combat qui n'est pas sans risque. En 2007, Echourouk avait défrayé la chronique en accusant le « Guide » libyen Mouammar Kaddafi de soutenir des rebelles Touaregs en vue de déstabiliser l'Algérie. Des accusations qui lui valent une plainte pour diffamation de la part de Kaddafi, assortie d'une demande d'interdiction du journal et de 100 millions de dinars (environ 1 million d'euros) de demande de dédommagement. Bien que l'affaire n'ait pas encore été définitivement tranchée par la justice algérienne, cette croisade contre le dirigeant libyen aura au moins contribué à donner à Echourouk un surcroît de notoriété.
Notoriété, crédibilité, sobriété, rares sont les professionnels qui dénieraient ces qualités au principal rival d'Echourouk, El-Khabar. Un immeuble flambant neuf situé dans le quartier huppé de Hydra, plus de trois cents salariés, dont une centaine de journalistes à Alger, autant de correspondants et de collaborateurs aux quatre coins du pays ainsi qu'à l'étranger, un site Web trilingue (arabe, français, anglais), un chiffre d'affaires annuel de 2 milliards de dinars (environ 20 millions d'euros), un tirage de 450 000 exemplaires par jour qui ferait pâlir d'envie n'importe quel éditeur. El-Khabar, le bateau amiral de la SPA El-Khabar, possède également trois imprimeries (en association avec El-Watan), une régie publicitaire, une société de distribution et édite trois suppléments. Lancé en 1990 par un groupe de journalistes issus de la presse publique, le quotidien reste une référence. Quand Jacques Chirac entame sa visite d'Etat en Algérie en mars 2003, c'est à El-Khabar qu'il accorde un entretien exclusif. Lorsqu'un responsable de l'opposition algérienne veut s'exprimer dans un journal algérien, il le fait dans les colonnes d'El-Khabar. Quand une enquête sur des propriétés indûment acquises met en cause de hauts cadres de l'Etat, elle est citée dans El-Khabar. C'est peu dire que ce quotidien est une institution. Dans son bureau qui ne paie pas de mine, son directeur, Chérif Rezki, a le triomphe modeste. « Si El-Khabar doit son succès au sérieux et au professionnalisme de son équipe, il le doit aussi à une réalité sociologique, politique et culturelle, analyse ce directeur réputé pour son franc-parler. La nouvelle génération de lecteurs maîtrise mieux l'arabe. Le lectorat francophone stagne ou se réduit comme peau de chagrin tandis que l'arabophone est en constante progression. »
Ici se mesure sans doute le gouffre qui sépare désormais francophones et arabophones. Jusqu'à la fin des années 1970, le français a été la langue privilégiée dans l'administration et dans les médias publics, alors qu'elle était enseignée à l'école primaire dès la troisième année. À l'époque, la télévision diffusait encore son JT en langue française. La donne change radicalement avec l'arabisation du système éducatif décidée en 1976 sous Boumédiène. Du primaire à l'université, l'arabe finit par supplanter le français, relégué au statut de deuxième langue. Cette politique a fini par provoquer une profonde mutation dans le paysage médiatique. « Elle a favorisé l'émergence d'un lectorat arabisé, souligne Fayçal Mettaoui. La presse francophone s'adresse à une élite plutôt cultivée, alors que les journaux en arabe touchent l'ensemble du lectorat du pays. Elle privilégie davantage le commentaire que le factuel. Ce qui explique en partie la grande différence en matière d'audience et de tirage. » Mais il n'y a pas que la langue pour justifier cette progression fulgurante.
Contrairement à leurs confrères de la presse francophone, dont l'audience se limite aux régions du centre et de la Kabylie, les journaux arabophones, du moins ceux qui alignent les plus gros tirages, couvrent presque la totalité du territoire national. « Le journal dispose de correspondants dans chacune des quarante-huit wilayas (départements), indique Cherif Rezki. Nous écrivons sur le bled le plus paumé ou le plus reculé d'Algérie comme nous traitons, par exemple, l'actualité des plus petites équipes de sport du fin fond du pays. » Ce maillage du territoire avec des pigistes locaux crée une grande proximité entre ces quotidiens et le citoyen. Anis Rahmani, directeur d'Ennahar, mis sur le marché en novembre 2007, acquiesce : « Le lecteur algérien est de moins en moins intéressé par les joutes politiques. Il veut des sujets qui traitent de la vie quotidienne : pouvoir d'achat, sécurité routière, santé, crise du logement, etc. »
Avec l'info de proximité, les faits-divers sont l'autre filon lucratif qui dope les tirages. Si les titres francophones répugnent à mettre en valeur la rubrique des « chiens écrasés », les arabophones en usent à loisir. Parfois avec des photos « trash ». Meurtres, kidnappings, viols, on ne recule devant rien pour vendre. « La presse arabophone est proche de la culture musulmane, ne craint pas de parler des problèmes sexuels, même si c'est sous l'angle religieux, constate la journaliste Ghania Mouffok dans son livre Être journaliste en Algérie (1996). De fait, c'est bien avant la presse francophone qu'elle a levé les tabous. Ne craignant pas de mettre à la “une” des titres du genre “Ma mère m'a forcée à me prostituer !”, de traiter des problèmes d'homosexualité, d'inceste, etc. Elle renvoie aux lecteurs une image de la société algérienne plus authentique que celle, idéale, d'un peuple sans problèmes. »

Maud Zanetti
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Encadré
Après le papier, la Toile

Insatiable, la presse arabophone ne se contente pas de bousculer les titres francophones dans les kiosques. Elle rivalise avec eux également sur la Toile. Les trois plus grands tirages de la presse arabophone proposent des versions françaises et anglaises de leur édition quotidienne. Une aubaine pour les lecteurs francophones friands d'informations sécuritaires. Autres cible : les étrangers, en Algérie ou ailleurs. Les sites Internet de la presse arabophone sont régulièrement visités par les diplomates accrédités à Alger, qui en ont fait des sources d'information pour la rédaction de leur rapport. À eux trois, ces sites revendiquent plus d'un million de pages visitées par mois. Et ce n'est qu'un début. L'offensive ne se limite pas au seul champ virtuel. El-Djazaïr News, dernier-né de la presse arabophone quotidienne, édite depuis près de deux ans une version papier en français, Algérie News, en passe de devenir un des meilleurs quotidiens francophones en termes de contenu, de maquette et de finition. Le succès a été tel que l'équipe, dirigée par le journaliste et dramaturge (bilingue) Hmida Ayachi, a lancé un hebdomadaire (en français), Algérie News Week, reprenant les dossiers publiés par El-Djazaïr News.
Ch.O.

Publié par Jeune Afrique
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# Posté le jeudi 29 octobre 2009 13:57

L'inexplicable colère de Khalida Toumi

L'inexplicable colère de Khalida Toumi
Khalida Toumi à propos de Poutakhine de Mehdi El Djezaïri
« Cette chose qui s'appelle livre »

Après le départ du président de la République, qui a inauguré la manifestation au chapiteau blanc à l'esplanade du complexe sportif du 5 Juillet à Alger, la ministre de la Culture avait le visage déformé par la colère. Aux questions des nombreux journalistes, elle répondait d'un ton inhabituel. Elle n'arrêtait pas d'évoquer « la solitude » de la ministre de la Culture. « Je ne suis pas en colère, je suis triste », a-t-elle lancé.
L'interrogation relative à la censure qui frappe le roman de Mehdi El Djezaïri, Poutakhine, Journal presque intime d'un naufragé, paru à compte d'auteur début octobre, était inévitable. Il fallait courir dans les travées du chapiteau surchauffé qui abrite le SILA pour arracher un début de réponse à Khalida Toumi sur cette drôle d'affaire. « Je ne parle que des livres, pas de choses qui s'appellent livre », a-t-elle répondu, en continuant de marcher et sans citer le titre interdit. Plus tard, avant de quitter les lieux, la même question lui a été posée de nouveau. La ministre de la Culture a montré du doigt une chaise : « Ce que vous voyez là n'est pas un livre, non ? » Approché par les journalistes, Yazid Zerhouni, ministre de l'Intérieur, a refusé de répondre à la question relative à la censure du livre de Mehdi El Djezaïri. « Posez la question à la ministre de la Culture », a-t-il répondu. Rappel lui a été fait que les policiers de la BRI, qui ont procédé à la saisie de l'ouvrage et à l'interrogatoire des libraires sur « l'identité » des acheteurs, relèvent de la DGSN qui, elle, est sous la tutelle du ministère de l'Intérieur. Même réplique de Yazid Zerhouni. L'ex-haut officier des services secrets restait imperturbable. Khalida Toumi a été interpellée sur la saisie du livre. « Je ne suis pas ministre de l'Intérieur. La police ne dépend pas de Khalida Toumi », a-t-elle lancé. Le livre de Mehdi El Djezaïri devait être exposé au SILA, sur le stand C 128 loué par Abassa Com, l'entreprise de communication de l'auteur. Hier en fin de journée, aucun livre n'était déposé au niveau du stand. La pancarte a été enlevée. Dans des précisions publiées hier par El Watan, Mehdi El Djezaïri a lancé le défi de trouver « un seul mot d'insulte dans les 432 pages du livre ». « Sauf à considérer que poser une question à son Président est en soi une insulte. La question que j'ai posée en exergue : “Où étiez-vous Monsieur le président quand l'Algérie saignait et pleurait ses enfants ?” a été régulièrement posée depuis 1999 », a-t-il écrit. « Il n'y a pas de censure au Salon du livre. Au salon d'Alger comme aux salons de Tunis, de Casablanca ou de Paris, il existe un décret qui précise les raisons qui font qu'un livre ne soit pas diffusé », a indiqué Khalida Toumi, faisant référence au décret exécutif n°03-278 du 23 août 2003 fixant le cadre réglementaire de diffusion de livres et ouvrages en Algérie. L'article 10 de ce texte stipule : « Sont interdites, sur le territoire national, l'introduction et la diffusion de livres et ouvrages édités sur quelque support que ce soit et dont le contenu se caractérise par l'apologie du terrorisme, du crime et du racisme ; l'atteinte à l'identité nationale dans sa triple dimension ; l'atteinte à l'unité nationale, à l'intégrité territoriale et à la sécurité nationale ; l'atteinte à la morale et aux bonnes mœurs ; la falsification du Saint Coran et l'offense à Dieu et aux prophètes. » L'article 11 indique que les mêmes interdictions citées à l'article 10 sont applicables aux livres et ouvrages sous tous supports édités et diffusés en Algérie. La ministre de la Culture a rappelé que les œuvres du philosophe français Roger Garaudy sont interdites en France. « Ils disent qu'il est révisionniste. Nos révisionnistes à nous ne peuvent pas accéder au Salon du livre. A chacun, ses révisionnistes », a-t-elle affirmé. Les Mythes fondateurs de la politique israélienne, de Roger Garaudy, a été qualifié de négationniste en Europe. L'auteur a été poursuivi en justice pour « contestation de crime contre l'humanité et diffamation publique raciale ». Selon la ministre de la Culture, les décisions relatives au contrôle des livres à exposer au Salon ne sont pas arbitraires. « Tout est bien réglementé. Les éditeurs sont avertis. Ils ne sont pas choqués », a-t-elle observé. Revenant sur la polémique qui a précédé l'ouverture du SILA, Khalida Toumi dit être étonnée par le débat sur le coût du Salon. « Jusqu'à la treizième édition du SILA, je n'ai pas entendu des interrogations de ce genre. Aujourd'hui qu'on pose la question, j'ai envie de rire. Vous savez qu'il y a plus de transparence... », a-t-elle soutenu, disant être entourée de gens qui ne savent pas ce que c'est un Salon du livre.
« Dans tous les salons du monde, le débat porte sur le nombre de livres vendus et de droits achetés. Qui a posé ce problème à Alger ? J'aime trop mon pays pour qu'il se donne en spectacle parce qu'il y a des gens qui n'ont rien à voir avec le livre et qui écrivent dessus », a-t-elle déclaré. Elle a invité la presse à lire les bilans des Foires de Frankfurt et du Salon de Paris. « Il s'agit de bilans de droits sur les titres vendus. Au lieu que le débat soit sur cela, il est délocalisé vers autre chose qui, d'ailleurs, m'échappe », a-t-elle ajouté, avant d'enchaîner : « Mesurez-vous la responsabilité d'écrire sur le livre. Trouvez-moi un article où l'on a posé la question centrale d'un salon du livre, celle de l'échange de droits. Qui a acheté quoi, à qui, combien ? Il y a des gens incultes qui décident d'écrire et de parler. Certains ont même parlé de rentrées littéraires. Il faut avoir honte et se taire. Le seul pays où il y a une rentrée littéraire c'est la France. » Elle a confié, sans trop de détails, qu'il existe « un lobby » d'importateurs de livres. Selon elle, l'Algérie doit cesser d'importer des livres. Citant l'exemple de Larousse, elle a estimé qu'il serait bien que ce dictionnaire soit fabriqué en Algérie.
Elle a plaidé pour une véritable industrie du livre qui pourrait créer des postes d'emploi pour les jeunes. Elle a souligné que des mesures fiscales ont été retenues dans le projet de loi de finances 2010 pour relancer la chaîne de fabrication du livre et pour la production cinématographique. « Notre intérêt est que le livre se développe en tant que produit culturel. Il faut sortir de l'opacité », a-t-elle relevé. Elle a regretté que les droits des grands auteurs algériens tels que Kateb Yacine, Mohamed Dib et Tewfik El Madani soient détenus par des maisons d'édition étrangères. Ces éditions imposent, selon elle, l'achat des livres fabriqués. « Des livres qui coûtent plus cher », a-t-elle noté. D'après elle, le Centre national du livre (CNL) sera bientôt installé avec la nomination d'un directeur. « Le CNL sera l'instrument de mise en œuvre de la politique du livre. On s'est inspiré des meilleurs exemples dans le monde », a-t-elle noté. Elle a qualifié la décision de transférer l'organisation du SILA de l'ANEP au ministère de la Culture de salutaire. « Si l'ANEP a organisé le Salon, c'est qu'on lui a demandé de le faire. En tant qu'entreprise publique, elle n'avait pas le choix », a-t-elle soutenu.


Par Fayçal Métaoui
El Watan du 28/10/2009
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# Posté le mercredi 28 octobre 2009 14:42

14e Salon international du livre d'Alger s'ouvre demain

14e Salon international du livre d’Alger s'ouvre demain
Le roi livre sous le chapiteau

Fin de polémique sur la délocalisation du 14e salon international du livre d'Alger (SILA). La manifestation se déroulera sous un chapiteau blanc, sur l'esplanade du complexe sportif 5 Juillet, à partir de demain et jusqu'au 6 novembre prochain. Hier, lors d'une conférence de presse animée au même endroit, Smaïl Ameziane, commissaire du Salon, a annoncé la présence de tous les éditeurs algériens. Le transfert de la manifestation du Palais des expositions de la Safex vers l'esplanade du 5 Juillet avait suscité la colère des deux syndicats des éditeurs (SPL et SNEL) lesquels avaient menacé de boycotter le Salon. « Nous n'avons aucune difficulté avec les éditeurs tant algériens qu'étrangers », a précisé Smaïl Ameziane, assis à côté de Youcef Sayah, Samia Chikh, Bouzid Harzallah et Hassan Bendif, membres du comité d'organisation. Une manière de suggérer que tout est rentré dans l'ordre. Le nombre des éditeurs algériens est de 145. « Je n'ai aucun problème avec les éditeurs. Ce sont tous des collègues. Et je respecte l'éthique professionnelle », a soutenu M. Ameziane. Avec des éditeurs venus de 25 pays, le nombre global des participants sera de 343, alors que celui des ouvrages avoisine les 120 000 titres. L'installation du chapiteau et des stands est assurée par les entreprises algériennes Astalavista et Exposign. « Astalavista est issue de l'Ansej. Il n'y a ni euros ni dollars, pas d'étranger. Les prix des chapiteaux et des installations sont connus par l'Etat et les particuliers », a-t-il indiqué. L'espace est loué à 1500 DA le mètre carré. Le prix est identique pour les chapiteaux et pour l'équipement des stands.
Le chapiteau qui abrite le Sila s'étale sur une superficie de 20 000 m². Interrogé sur la censure, M. Ameziane a soutenu que tous les salons, notamment dans les pays arabes, sont codifiés par « des lois relatives à l'outrage aux institutions, à la morale, à l'extrémisme. Il y a beaucoup d'ouvrages que vous n'aimeriez pas voir circuler. Les livres qui portent atteinte à la moralité ou prônent le radicalisme religieux ne sont pas admis. L'ENTV n'est pas Canal Plus. Il y a des films qu'on ne voit pas en famille. L'Algérie est le seul pays où l'on évoque la censure », a-t-il affirmé. Selon lui, les livres des auteurs spécialisés dans la propagande du mal ne peuvent être exposés. « Ils ne sont vendus ni ici, ni en Tunisie, ni au Maroc. Il y a des commissions interministérielles qui me dépassent. Elles sont là pour voir s'il n'existe pas de livres qui font du mal au pays. Ce n'est pas plus compliqué que cela », a indiqué le commissaire du Sila, soulignant qu'il était défenseur de la liberté d'expression en tant qu'éditeur. « Personne n'a été censuré chez Casbah Editions », a-t-il ajouté. A une question relative sur le dernier roman-pamphlet de Mehdi El Djezaïri, Poutakhine, publié à compte d'auteur, M. Ameziane a répondu que la censure ne touchera aucun ouvrage algérien. Le domicile de Mehdi El Djezaïri a subi une perquisition policière vendredi 23 octobre 2009. L'ouvrage n'est pourtant pas interdit par la justice. Smaïl Ameziane a qualifié de « politique » la décision de transférer l'organisation du SILA de l'Agence nationale d'édition et de publicité (ANEP) à un commissariat sous l'égide du ministère de la Culture. L'ANEP a, selon lui, discrètement pris part à l'organisation du Salon. La présence visible d'agents de sécurité privés est, d'après M. Ameziane, liée au fait que le chapiteau est dressé en extérieur.
La présence est, selon, sécuritaire et non policière. « Nous devons assurer la sécurité des biens et des visiteurs. Je souhaiterais qu'il n'y ait pas d'incident. Le chapiteau est sous télésurveillance. Ce qui m'importe est le respect du public. Je ne veux pas qu'on vole un sac ou un portable à un visiteur. Je veux que les familles soient à l'aise », a-t-il dit. Le slogan du Sila, « Le roi livre », inspiré visiblement de la tragédie de William Shakespeare Le Roi Lear, a été choisi, selon, par un panel composé d'une vingtaine de personnes. « Le choix a été fait après débat. Le roi livre est un slogan léger. Il nous a plu et nous l'avons adopté », a-t-il indiqué. Détaillant le programme, Bouzid Harzallah a annoncé une table ronde sur les femmes romancières arabes qui aura lieu le 2 novembre en présence de l'Irakienne Inaâm Kachachi, de la Marocaine Khenata Bennouna et de l'Algérienne Amel Bachiri (qui vit à Dubaï). Selon lui, des auteurs et journalistes de Ghaza, d'El Qods et de Ramallah animeront des conférences sur la situation de la culture dans les territoires palestiniens. La Palestine et l'Afrique sont les invités d'honneur du Salon. Un récital sera consacré au poète Azzedine El Menasra. « Je le considère comme le digne héritier de Mahmoud Darwich. Il a déjà enseigné en Algérie pendant huit ans », a souligné Bouzid Harzallah. Hommage sera rendu à la romancière algérienne Ahlem Mostaghanemi, au défunt poète Omar El Bernaoui, auteur du chant patriotique (nachid) Min adjlika ichna ya watani et à Francis Jeanson, fondateur du célèbre réseau de soutien aux combattants de la guerre de Libération. Selon Samia Chikh, une table ronde abordera les problèmes et les perspectives de l'édition en Afrique. Des auteurs, présents à Alger durant le deuxième Festival culturel panafaricain (Panaf) de juillet dernier, reviendront sur les résidences d'écriture. « On va parler de cette expérience et découvrir les fruits des résidences. Des auteurs africains liront les textes d'écrivains algériens », a-t-elle noté. L'Ivorienne Tannela Boni et le Camerounais Eugène Ebodé seront, entre autres, les invités du SILA. L'évocation de Kateb Yacine fera l'objet d'une conférence qui sera animée par Abdelaziz Boubakir, Rachid Boudjedra et Omar Chaâlal. Youssef Sayah a mis l'accent sur deux autres importantes tables rondes : « L'axe Paris-Alger-Le Caire dans l'imaginaire politique français » présentée par Paul Balta et Ahmed Youcef ainsi que « El Qods et la Palestine : situation et perspectives », modérée par Hocine Belalloufi et animée par le Palestinien Hassan Balawi, le Belge Sébastien Boussois, l'Italienne Paola Caridi et le Français Alain Gresh. La littérature sud-américaine ne sera pas en reste.
L'Algérien Sadi Lakhdari, chargé des hautes études ibériques à la Sorbonne de Paris, animera avec l'écrivain chilien Sergio Macias, l'art d'écrire en Amérique latine. Juan Castilla Brazalès, directeur de l'Institut arabe de Grenade, fera, jeudi 29 octobre, une présentation de son dernier ouvrage Il était une fois en Andalousie. Autre rendez-vous intéressant : la conférence de Jean Bricmont, « Responsablité de protéger et Cour pénale internationale : vers une justice pour les pays du Sud ? », qui sera présentée par Meriem Abdou. La critique littéraire au Maghreb fera l'objet d'un débat animé, entre autres, par la Tunisienne Imen Laâbidi, le Marocain Abdeljalil El Azadi et l'Algérien Ahmed Mennour. Aucun prix littéraire ne sera accordé cette année. D'habitude, l'Association des libraires algériens (Aslia) organisait une sélection des meilleurs ouvrages. Pour Smaïl Ameziane, le retrait de Aslia est dû au fait qu'il ne pouvait pas y avoir deux gestionnaires pour le Salon du livre. « J'invite la presse à organiser le concours des meilleures œuvres littéraires. Montez un jury international et faites-le. Les éditeurs ne peuvent pas le faire car on ne peut être juge et partie », a-t-il dit. Le SILA sera-t-il maintenu à l'avenir à l'esplanade du 5 Juillet ? « C'est au public de décider ! », a répondu Smaïl Amziane. Invités au Salon, Amin Malouf, Jorge Semprun, Regis Debray et Antoine Sfeir n'ont pu faire le déplacement à Alger. « Ils ne pouvaient pas le faire en raison d'un agenda chargé. Mais ils promettent de venir l'année prochaine », a précisé Youssef Sayah.


Par Fayçal Métaoui
El Watan du 26 octobre 2009

Site : www.mculture-14sila.dz
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# Posté le lundi 26 octobre 2009 04:22

Une autre condamnation d'un militant des droits humain

HALTE AUX INTIMIDATIONS CONTRE LE DR FEKHAR


Nous venons d'apprendre la condamnation à six mois de prison avec sursis et à une amende de 50 000 DA, pour insultes, de notre frère, le docteur Kameleddine FEKHAR, militant des droits de l'homme par le tribunal de Ghardaïa. En effet, lors d'un procès inique qui s'est déroulé le 11 octobre 2009, le Dr Fekhar a été accusé par un citoyen de l'avoir insulté le 06 octobre 2008 devant un local de distribution de vivres aux sinistrés des inondations de Ghardaïa. Or, il s'avèrera, tout au long du procès que cette nuit-là du 06 octobre 2008, Mr Fekhar n'avait jamais rencontré ce citoyen. Par contre, ce dernier, ivre avait provoqué une altercation avec le gestionnaire du local de distribution de vivres et l'avait insulté et menacé physiquement. Au commissariat de la ville, l'officier de police enregistrera la plainte du provocateur ivre et refusera d'enregistrer celle de la victime (voir le compte-rendu du Dr Fekhar : http://www.lequotidienalgerie.com/index.php/7454/kamaleddine-fekhar-condamne/#more-7454
Il est clair encore une fois, que la justice a été instrumentalisée pour essayer de faire taire notre compatriote et militant impénitent des droits de la personne humaine, le Dr Fekhar, en préfabriquant un dossier sur mesure pour le condamner.Pour rappel, le Dr Fekhar avait été arrêté le 15 juin 2009 pour une autre affaire scabreuse où deux délinquants, repris de justice l'ont accusé de les avoir incités à incendier un véhicule de police !! Libéré 24h plus tard, il était mis sous contrôle judiciaire et privé de sortie du territoire national à ce jour. Et cette affaire est toujours en instance de jugement. Encore une fois, ce régime en phase terminale, ne semble pas avoir tiré les leçons de sa politique désastreuse et continue à utiliser des méthodes mesquines des années du totalitarisme stalinien pour tenter de faire taire vainement toute opposition pacifique et toute revendication des droits légitimes des citoyens.
Le Docteur Fekhar appartient à cette race d'hommes - à l'image de ses aînés qui se sont sacrifiés pour la libération du pays - qui ne peuvent se taire devant la hogra et fermer les yeux devant cette destruction programmée de l'Algérie. La conclusion de sa courageuse déclaration (voir lien plus haut) est très claire et très explicite. Ce ne sont pas ces honteuses et lâches méthodes répressives qui arrêteront les Hommes Libres.
Nous exprimons notre indéfectible soutien à notre frère Kameleddine Fekhar et dénonçons avec force sa condamnation inique par une justice aux ordres. Nous en appelons à l'opinion publique nationale et internationale pour apporter son soutien à cette énième victime de l'arbitraire.



Coordination de l'Appel du 19 mars 2009.
Département des Droits de l'Homme.
Alger le 23 octobre 2009
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http://www.france24.com/fr/20091022-diar-echems-bidonville-alger-citoyen-misere-algerie-emeutes-logement-chomage
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# Posté le samedi 24 octobre 2009 05:55

"IL NE FERA PAS LONG FEU” DE HAMID GRINE

"IL NE FERA PAS LONG FEU” DE HAMID GRINE

“Morde pour réussir”

Hamid Grine est entré dans un terrain miné. Ecrire un roman sur un journaliste, et en Algérie, est un risque pluriel. S'ils sont critiques envers les autres, les professionnels de la presse n'aiment pas qu'on remettent en cause leur travail. L'enfer ? Les autres. C'est connu. Dans “Il ne fera pas long feu”, paru aux éditions Alpha, Hamid Grine, qui connaît parfaitement les allées et venues du monde des médias et de la communication, raconte l'histoire de Hassoud, un directeur prétentieux d'une petite publication sans intérêt. C'est un personnage qu'on déteste. Difficile d'avoir de la sympathie pour un homme aussi repoussant. Hassoud croit avoir tous les droits, tous les pouvoirs. Stérile, il harcèle les femmes. C'est une obsession. Enfant, il a été assisté à un coït parental qui l'a traumatisé. Marié sans bonheur à Nafissa, il joue le jeu des couples normaux. Le faire semblant n'est-il pas un jeu de société ? “Nafissa tirait de cette union un gros avantage. Une liberté dont elle jouissait totalement et des moyens matériels dont elle disposait avec sa belle voiture, ses belles tenues et son bel appartement”, écrit le romancier. Frustrée, Nafissa, qui a fait “un beau mariage” selon ses parents, ira chercher l'amour ailleurs. Cela s'appellera “le vernissage”, avec Ahmed, un faux artiste peintre. “La femme adultère n'a qu'un bonheur : voir chaque femme avec un amant”, note, avec ironie, Hamid Grine. Nafissa et Hassoud sont sur des parallèles. Nafissa n'a aucun remord de tromper son mari, Hassoud n'aucun scrupule à harceler Assia, sa collaboratrice, et à payer Nassima pour qu'elle avorte. Grand de taille, petit tête et imberbe, Hassoud pense qu'il est un séducteur, peut être mêm beau. Hautain et insensible, il se prend dans son jeu. Il veut même écraser Lakhdar, son rédacteur en chef, soupçonné de vouloir forcer la porte de son jardin “secret”. Lakhdar a perdu ses idéaux de jeunesse. Il a accepté de travailler pour une feuille de choux spécialisée en calomnies : “Le prix à payer : s'asseoir sur ses principes. Et, il semble à l'aise dans cette posture, sur ce siège qui colle à la peau”. L'argent, la publicité, l'allégeance n'ont-ils pas remplacé les principes de neutralité, d'indépendance et d'objectivité ? Les chercheurs d'or, qui tentent de remplacer les vrais journalistes, feront-ils de la presse ce qu'ils voudront, eux qui ressemblent à Lakhdar, à Hassoud et à des personnages que Hamid auraient pu inventer sans s'éloigner de la réalité ? Le directeur de L'Espoir consulte Cheikha Zoulika qui croit prévoir l'avenir dans les vapeurs de ses braseros. Hassoud conduit un 4 X 4, voiture préfère de la “ploucerie” nationale, celle qui arpente les nouveaux boulevards d'Alger et d'ailleurs. Le directeur de L'Espoir adore le cérémonial pour se faire remarquer :“dès son arrivée au siège du journal, avant même que le 4 x 4 s'arrête totalement, un homme en costume noir se précipite pour lui ouvrir la portière. Hassoud descend lentement, d'un geste nonchalant dont la lenteur est calculée . Il lui remet son cartable. Cet homme n'est payé que pour ce geste...”. Hassoud veut être aristocrate sans avoir les attributs, intellectuel sans avoir les qualités, homme sans avoir l'allure. “Pour le directeur de l'Espoir, rien n'est impossible en Algérie. Il suffit de s'accrocher, de morde pour réussir.Parti de rien, il s'est rapidement bâti une fortune en recourant à une arme plus vieille que la presse : l'arme du chantage”, détaille le romancier. Il le fait à plusieurs reprises comme pour souligner l'insoutenable légèreté de l'être. C'est que Hassoud est un personnage complexe, retors et fatalement instable. Il rêve de devenir ministre. Et quand il le sera, il musellera la presse et fermera tout journal qui aura “un mot de trop sur le régime”. Il interdira aux entreprises publiques de donner la publicité aux grands tirages. Fiction ? Hassoud veut devenir chef d'un empire médiatique à lui tout seul. Son sentiment de puissance n'a pas de limite, sauf une, Si Messaoud, le patron de la Société algérienne de tubes (SAT),l'homme qui a droit de vie et de mort sur lui. Et lorsque le chef de la SAT le “convoque” dans son bureau, il le fait attendre pendant des heures. Dans la salle d'attente, on lui offre du café au goût de pois chiche comme pour lui “rappeler” son rang. “Ces cafés lui rappellent ceux qu'il prenait quand l'Algérie était socialiste”, glisse le romancier. Un socialisme qui a permis aux pauvres d'hier de devenir riches aujourd'hui et de recycler les monopoles ! Dans l'immense bureau du président de la SAT, Hassoud n'est plus qu'un petit directeur d'un petit journal. Assis sur un petit tabouret face au maître, il est obligé de lever les yeux pour regarder son interlocuteur. Humiliation. “Je veux que votre Une soit barrée par ce titre : “Le chef du gouvernement ne fera pas long feu”, ordonne Si Messaoud. Ordre métallique qui changera la couleur de la vie de Hassoud. Celui qui creuse un trou, ne finit-il par tomber dedans ? “Je ne vise personne. Cela ferait trop à une personne si je lui réserve tout un roman. C'est un personnage composé”, nous explique Hamid Grine, quelque peu étonné par les commentaires qui accompagnent la sortie de son quatrième roman. L'auteur a pris le soin d'avertir au début du livre que l'oeuvre est une fiction : “Toute ressemblance avec une personne qui existe ou ayant existé est fortuite”. Il n'a pas hésité à citer l'humouriste français Coluche qui avait dit un jour “Si la méchanceté suffisait pour faire fortune, il y a beaucoup de journalistes qui seraient célèbres”. Dans une récente vente-dédicace à la Librairie du Tiers monde à Alger, le libraire a vendu 128 exemplaires du roman. “C'est un record. Les journalistes simples ont beaucoup apprécié le roman. Ils sont venus nombreux à la vente-dédicace et m'ont dit que ce que j'ai raconté dans le roman, c'est ce qu'ils vivent chaque jour dans leurs rédactions. Des éditeurs de presse ont également bien accueilli le livre. La presse est un sujet qui interpelle”, a ajouté Hamid Grine.

Fayçal Métaoui

El Watan du 21 octobre 2009


“Il ne fera pas long feu”, roman,
180 pages,éditions Alpha, 2009


El

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# Posté le mercredi 21 octobre 2009 10:53

Modifié le mercredi 21 octobre 2009 13:32