« Retour au blog de Metaoui

Est-il encore possible de faire des réformes avec les dictatures ?

Est-il encore possible de faire des réformes avec les dictatures ?
Rice fait pression à Tunis pour plus de réformes, parle du terrorisme

La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a pressé le gouvernement tunisien d'accélérer ses réformes politiques et évoqué la menace terroriste dans la région, samedi à Tunis, deuxième étape d'une tournée au Maghreb commencée vendredi par une visite historique en Libye. "Nous avons discuté d'affaires internes ici en Tunisie, du rythme des réformes", a-t-elle déclaré. "Nous sommes de bons amis et nous pouvons (à ce titre) avoir de très bonnes et intenses discussions sur des questions de politique interne et externe. Et c'est comme cela que cela s'est passé", a-t-elle affirmé après un entretien avec le président Zine El Abidine Ben Ali à son palais de Carthage. Washington a souvent poussé la Tunisie vers plus de réformes démocratiques en mettant en avant les réalisations socio-économiques du pays, ainsi que son "rôle clé" dans la lutte contre l'islamisme radical et la menace terroriste. Mme Rice n'a pas dérogé à la règle: "je tiens à souligner que j'ai parlé du rôle extraordinaire joué par les femmes en Tunisie. Les femmes ont accompli un grand progrès ici", a-t-elle noté, en allusion au statut social libéral et aux lois émancipatrices dont jouissent les Tunisiennes depuis 1957. La rencontre de Mme Rice avec M. Ben Ali intervient après son investiture fin juillet pour un 5e mandat de cinq ans à la présidence aux élections de 2009 en Tunisie. Une partie de son opposition réclame plus de réformes et revendique une alternance au pouvoir. La secrétaire d'Etat américaine a en outre fait part à M. Ben Ali des entretiens qu'elle avait eus la veille avec le dirigeant libyen Mouammar Khadafi, lors d'une rencontre sans précédent avec un ancien paria aux yeux de Washington. Les Etats-Unis ont reconnu à la Tunisie un rôle positif auprès du dirigeant libyen pour l'amener à une politique modérée et conciliante avec l'Occident. Mme Rice a dit avoir "évidemment" examiné avec M. Ben Ali l'état des lieux dans la région en matière de sécurité et de lutte antiterroriste, un sujet qui sera au menu de ses entretiens à Alger, troisième escale de sa tournée au Maghreb, qu'elle terminera au Maroc. Cette tournée intervient dans un contexte de menace terroriste contre la secrétaire d'Etat américaine, qu'un jihadiste a appelé à assassiner durant son périple au Maghreb. Cette tournée offre "une occasion unique pour la tuer avant la fin de son mandat de secrétaire d'Etat", écrivait ce jihadiste dans un appel lancé sur un site internet islamiste à la branche maghrébine d'Al-Qaïda. Condoleezza Rice a aussi évoqué avec M. Ben Ali la situation en Mauritanie, dont le président a été renversé en août par un coup d'Etat militaire. La Mauritanie est membre de l'Union du Maghreb arabe (UMA) avec l'Algérie, la Libye, le Maroc et la Tunisie, mais Nouakchott est exclue du périple de Mme Rice, Washington ayant condamné le putsch contre le président élu. Selon son entourage, Mme Rice devait aussi évoquer les cas de Tunisiens détenus à Guantanamo et de ceux qui ont déjà été livrés par Washington à Tunis. Deux anciens détenus, Abdallah Hajji et Lotfi Lagha, ont été livrés et condamnés l'an dernier en Tunisie, dix autres se trouvent encore à Guantanamo. Les associations américaine Human Rights Watch (HRW) et britannique Reprieve ont exprimé des craintes de mauvais traitements contre ces détenus, mais Tunis a régulièrement réfuté des "allégations sans fondement".
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 06 septembre 2008 09:51

« Article précédent : A quand le Medgaz ?

Article suivant : Rice découvre la chorba à Alger ! »